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L’antiproductivisme, pour « chanter au présent » sans attendre demain

Cet article passe en revue l’ouvrage collectif L’Antiproductivisme. Un défi pour la gauche?

Le socialisme s’oppose au capitalisme ; mais au vu des problèmes environnementaux croissants, il doit aussi lutter contre le productivisme. Il ne s’agit pas seulement de mieux partager la richesse, il faut aussi s’interroger sur ce que l’on produit, sur la façon de le faire et sur les conséquences de cette production. Les nombreux auteurs de ce livre réfléchissent là-dessus. Je retiens la position de Paul Ariès, bien connu pour son engagement dans le mouvement de la décroissance, qui a publié en 2012 un livre intitulé Le socialisme gourmand (La Découverte), dans lequel il montrait comment la décroissance n’est pas synonyme de tristesse et de privation, bien au contraire. Il reprend ici ce thème :

Cette foi dans la naissance d’une nouvelle gauche antiproductiviste enfin optimiste, dans une objection de croissance amoureuse du « bien vivre » est fondée sur une bonne nouvelle : la planète est bien assez riche pour permettre à plus de sept milliards d’humains d’accéder, dès maintenant, au bien vivre.
[…] Il faut en finir à gauche avec toute idée de sacrifice, avec toute idée d’ascèse, de restriction, de punition. Nous devons laisser cela à la droite, à la gauche productiviste et à la décroissance bigote. Qui dit sacrifice dit en effet nécessairement appareil (idéologique et répressif) pour gérer ce sacrifice.
[…] Je ne crois plus aux lendemains qui chantent, car je veux chanter au présent.

Le livre est divisé en trois parties :
1. L’antiproductivisme en dépit du productivisme!
2. Radicalité de l’antiproductivisme?
3. Les horizons d’espérance de l’antiproductivisme.

Dans cette troisième partie, on présente des alternatives concrètes qui existent déjà : « Ce sont des chantiers pour déconstruire tous les murs qui aujourd’hui nous enferment dans le labyrinthe du productivisme. Ils ne ‘préfigurent’ pas l’avenir, ils le rendent simplement possible, ils créent des ‘situations’, ils favorisent une ‘architecture des choix’. » La présentation d’une de ces initiatives m’a particulièrement intéressé : « Les ‘Jeudis Veggies’ en Belgique : une inspiration pour nos projets antiproductivistes? », par Élodie Vieille-Blanchard.

Sa présentation commence par un encadré :

Quelques chiffres sur l’impact écologique de la production de viande

– Sur Terre, l’élevage est responsable de 18 pourcents des émissions de gaz à effet de serre, soit davantage que le secteur des transports (FAO 2006). Diminuer la production et la consommation de viande bovine permettrait de réduire les émissions de méthane, ce qui aurait un effet rapide en matière d’effet de serre, puisque ce gaz, au fort potentiel réchauffant, séjourne seulement 4 ans dans l’atmosphère (contre 15 à 200 ans pour le dioxyde de carbone).
– L’élevage mobilise 70 pourcents des surfaces agricoles sur Terre, pour la production d’aliments pour les animaux et pour le pâturage. Près de 40 pourcents des céréales produites sur Terre sont consommées par les animaux (FAO, 2006).
– La croissance de la consommation de viande implique une expansion rapide de la production de soja, principalement en Amérique du Sud. En Amazonie, l’élevage est responsable à 80 pourcents de la déforestation, à travers la production de soja et la mise en pâturage de zones forestières (Greenpeace, 2009).
– La production de viande est très consommatrice d’eau. On estime que la production d’un kilogramme de viande de bœuf nécessite 15 000 litres d’eau (Site Water-Footprint).

Mme Vieille-Blanchard raconte ensuite l’histoire de ces Jeudis-Veggies. Le tout a commencé par une conférence qu’a donnée le président du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) dans la ville de Gand (240 000 habitants) en août 2008, « dans laquelle il a fait valoir qu’en matière de lutte contre le changement climatique, il paraissait très pertinent d’agir sur les émissions de méthane, un gaz de réchauffement potentiellement 23 fois supérieur au dioxyde de carbone ». Après cette conférence, le mouvement EVA (Ethisch Vegetarisch Alternatief), qui fait la promotion de la diète Vegan, a convaincu un échevin de la ville de déclarer les jeudis « journées végétariennes ».

« Dans un premier temps, l’initiative était basée sur l’engagement personnel : six cents personnes sont venues au marché aux légumes signifier leur promesse de manger végétarien au moins une fois par semaine. Elles pouvaient s’appuyer sur une offre locale conséquente, préparée en amont par EVA : ce jour-là, 100 000 cartes végétariennes de la ville ont été distribuées par le biais d’un journal local, indiquant une centaine de restaurants offrant des options satisfaisantes. En octobre, la campagne s’est poursuivie dans les cantines scolaires, qui ont alors commencé à proposer des menus végétariens le jeudi… »

Cette dernière initiative a été accompagnée d’une intense campagne de sensibilisation et d’information des parents sur les effets du végétarisme sur la santé.
Les Jeudis ont connu un tel succès que le gouvernement de Belgique a décidé de financer le mouvement EVA, pour en étendre l’idée à tout le pays.

Voilà une manière d’agir concrète et facilement acceptable par la population, qui ne peut qu’avoir des effets positifs.

L’Antiproductivisme. Un défi pour la gauche? Ouvrage collectif sous la coordination de Michel Lepesant, Éd. Parangon, Lyon 2013

Se préparer émotionnellement à la fin de notre civilisation industrielle

Cet article débute une série de réflexions que le blogue publiera dans les prochains mois sur la préparation émotionnelle aux changements qui nous attendent. Il est l’adaptation du travail de l’auteure américaine Carolyn Baker.

De nombreux enjeux (pic pétrolier, changements climatiques, crises économiques) suggèrent que nous sommes au début d’une période d’effondrement de la civilisation industrielle. Ces sujets sont fort bien documentés par ailleurs; mon intention ici est d’aborder les conséquences émotionnelles de ces bouleversements.

L’auteur Clive Hamilton[1] évalue ainsi la situation dans laquelle nous nous trouvons :

“L’attaque des perturbations climatiques sur tout ce en quoi nous croyions – le progrès illimité, un futur stable, notre capacité à contrôler le monde naturel à l’aide de la science et de la technologie – rongera les piliers qui soutiennent la psyché moderne. Ce sera psychologiquement déstabilisant, à un degré peut-être dépassé seulement dans l’histoire de l’humanité par le passage à l’agriculture et l’avènement de la société industrielle.”

Bien que Clive Hamilton fasse ici référence uniquement aux changements climatiques, on peut s’attendre à ce que l’épuisement des ressources énergétiques et la crise économique globale provoquent également des perturbations psychologiques.

Comme le montre le mouvement de la Transition qui s’est répandu à travers le monde, le passage à un mode de vie plus résilient[2] doit notamment prendre en compte les aspects psychologiques d’un tel cheminement – une Transition intérieure qui complète et soutient la Transition extérieure, celle qui s’occupe des aspects pratiques et physiques de nos besoins.

Il se peut que, face à la perspective d’un effondrement de la civilisation industrielle, vous ayez différentes manières de vous réconforter : par un bon verre, un dessert gourmand, la présence physique d’un proche ou d’un animal, la télévision – ou tout simplement le sommeil. Mais vous savez au fond de vous que vous devrez faire face, tôt ou tard, aux émotions que cette anticipation du futur provoque en vous.

John Michael Greer, dans l’un des articles de son blogue (« Waiting For the Millenium : The Limits of Magic »), nous donne une piste pour affronter ce désarroi :

« (…) la foi au cœur de cette ère qui est en train de passer, selon laquelle le futur sera meilleur que le passé ou le présent, est devenue une illusion. (…) Presque tous nos ancêtres ont vécu dans des temps où aucun futur radieux ne brillait à l’horizon; presque tous nos descendants connaîtront la même situation. La grande majorité des premiers (nos ancêtres, NdT) et, sans doute, de ces derniers aussi (nos descendants, NdT), ont trouvé et trouveront d’autres raisons de vivre. C’est tout aussi envisageable dans le moment présent, si l’on est prêt à réfléchir à l’impensable, à reconnaître que l’ère de l’abondance se termine, et à envisager que le fait de faire la bonne chose en temps de crise, même si cet acte nous met mal à l’aise ou est difficile, pourrait être une source de sens plus convaincante que d’attendre qu’un futur radieux se matérialise par magie. »

De même, Clive Hamilton note que : “Au fur et à mesure que la crise climatique a lieu et remet en cause le futur de l’humanité, le sens qu’ont nos vies deviendra un enjeu de plus en plus important. Après une longue période de perturbation psychologique, la stabilité reviendra seulement si une nouvelle compréhension de la Terre émerge, une histoire qui remplacera celle selon laquelle la planète est un réservoir de ressources servant à alimenter une croissance illimitée. »

Il serait futile de s’opposer à l’effondrement du système actuel. C’est là une idée centrale de mon ouvrage de 2009, Sacred Demise : Walking The Spiritual Path Of Industrial Civilization’s Collapse. Arrêtons d’essayer d’empêcher ou d’éviter l’effondrement. Ouvrons-nous plutôt à cette idée, suivons le courant, comprenons ce qui se passe et ce que les évènements exigent de nous.

On pourrait faire valoir qu’il y aura une façon d’être « sauvés » de ce qui nous attend : par un leader politique, une autre personne, ou encore des extraterrestres ou la colonisation d’autres planètes. Mais même si l’une de ces options s’avérait réaliste, une telle issue ne nous permettrait pas, en tant qu’espèce, de franchir le prochain palier de notre évolution auquel notre conscience de nous-mêmes nous appelle. Il faut qu’une nouvelle sorte d’êtres humains émerge pour faire face aux enjeux majeurs auxquels nous sommes confrontés. Vaclav Havel, l’auteur de théâtre et politicien tchèque, affirmait d’ailleurs :

“Qu’est-ce qui pourrait changer la direction de la civilisation actuelle? Mon intime conviction est que la seule option est un changement dans le domaine de l’esprit, le domaine de la conscience humaine. Il ne suffit pas d’inventer de nouvelles machines, de nouvelles lois, de nouvelles institutions. Nous devons acquérir une nouvelle compréhension du but réel de notre existence sur cette Terre. C’est seulement en faisant un changement aussi fondamental que nous pourrons créer de nouveaux modèles de comportement et un nouvel ensemble de valeurs pour la planète. »

Sans une préparation émotionnelle à la chute de la civilisation actuelle, il est fort probable que nous soyons dépassés par ces évènements, au point d’en devenir fous ou peut-être d’en mourir. Cet effondrement constitue le prochain rite de passage de l’humanité, notre initiation imminente à l’âge adulte en tant qu’espèce.

 

Adaptation et traduction du chapitre d’introduction du livre Navigating the Coming Chaos, réalisée par Sylvie Robert du Réseau Transition Québec.

À propos de l’auteure: Carolyn Baker est psychothérapeute de formation et a pratiqué ce métier durant plusieurs années; elle a également été professeure d’histoire et de psychologie. Elle anime des ateliers de préparation spirituelle aux défis du futur, et est l’auteure de plusieurs ouvrages, dont Sacred Demise: Walking The Spiritual Path of Industrial Civilization’s Collapse (2009), Navigating the Coming Chaos: a Handbook for Inner Transition (2011) et le plus récent Collapsing Consciously : Transformative Truths for Turbulent Times (2013). Elle tient un blogue et propose une revue de presse commentée, Speaking Truth to Power à www.carolynbaker.net. Merci à Carolyn de nous avoir permis de publier ici ses réflexions!


[1] Dans son ouvrage Requiem For A Species : Why We Resist The Truth About Climate Change.

[2] La résilience, pour une ville ou un village, consiste à pouvoir faire face aux chocs et aux changements (par exemple un événement climatique extrême, une montée soudaine des prix de la nourriture ou une crise économique), et à s’y adapter au lieu de s’effondrer. Plus d’informations sont disponibles sur le site du Réseau Transition Québec, ou encore dans le Manuel de Transition (page 60).

Un dernier tour de piste

Très bientôt, de rutilants bolides tourneront en rond, se poursuivant sur le circuit de l’île Notre-Dame, leurs vrombissements réjouissant les spectateurs avides de pétaradantes accélérations, d’effluves d’essence et de pulpeuses hôtesses.
Vitesse, puissance, richesse et vedettes attireront encore une foule rêveuse se donnant l’illusion que, l’espace d’une fin de semaine, Montréal est « sur la carte » du jet set international.  Leurs tours de piste terminés, les multimillionnaires de la F1 remballeront leurs gros chars et partiront présenter leur cirque ailleurs, après bien sûr avoir empoché de somptueux bénéfices en bonne partie gracieuseté de fonds publics.

Le bruit et la vitesse étourdiront-ils le spectateur au point de lui faire oublier que cette grande kermesse célèbre un objet qui ne devrait pourtant plus mériter son adoration, considérant les dommages qu’il cause à notre environnement ?   Dans un monde où le climat change dangereusement, où les ressources s’épuisent, où la modération constitue désormais la seule voie viable, il apparaît absurde de se prosterner devant le moteur à essence et ses grands prêtres.

L’argent, l’énergie et l’ingéniosité consacrés à aller toujours plus vite devraient plutôt servir à développer et mettre en place des moyens de transport plus frugaux, car la course n’est non seulement plus soutenable, elle est devenue une néfaste aberration.

Il est grand temps que les spectateurs qui prendront place dans les gradins du circuit Gilles Villeneuve réalisent qu’ils assistent à une course de dinosaures.  L’ère du pétrole tire à sa fin ; nous devons en précipiter le terme, à défaut de quoi nous pourrions connaître le même sort que les géants du Crétacé.

OUI, il est possible d’agir sur les changements climatiques!

ProchainVirageAvec les rapports du GIEC [1] qui s’accumulent, chaque fois plus alarmants sur les conséquences terribles qui attendent l’humanité si nous n’arrivons pas à maîtriser les changements climatiques, bien des gens ont développé l’une des deux attitudes suivantes : un sentiment d’impuissance devant des enjeux qui nous dépassent; ou bien carrément l’inconscience qui préfère s’enfouir la tête dans le sable!

Il est vrai que ce dossier n’est pas facile à saisir pour bien des gens. Comment croire à un réchauffement de la planète après l’hiver glacial et interminable que nous venons de connaître? Comment imaginer les conséquences concrètes d’un tel réchauffement sur l’alimentation, l’accès à l’eau potable, les tensions militaires entre pays, la survie des populations habitant au niveau de la mer? Pourquoi considérer comme urgents des problèmes dont les conséquences catastrophiques ne se manifesteront que dans 10, 25 ou 100 ans? Et pourquoi payer maintenant pour des bienfaits possibles qui ne seront accessibles que plus tard, pour nos enfants ou nos petits-enfants (le contraire absolu de notre mode de vie actuel : « profitez maintenant, payez plus tard! »)?

Pourtant, toutes les études arrivent maintenant aux mêmes conclusions que le rapport Stern (octobre 2006) qui concluait que les conséquences économiques de notre inaction pour contrer les changements climatiques seront infiniment plus coûteuses (dans un rapport de 20 pour 1 au moins) que les investissements importants qu’il faudrait accepter d’y consacrer dès maintenant. Plus nous tardons, et pires seront les conséquences et les efforts qu’il faudra consentir pour les minimiser!

Faut-il pour autant baisser les bras? Ce n’est certainement pas l’avis de Steven Guilbeault et de François Tanguay qui viennent tout juste de publier Le prochain virage, Propulser le Québec vers un avenir équitable et durable (Éditions Druide, 304 pages, mars 2014).

J’ai lu bien des livres et des articles traitant d’environnement, de développement durable, d’énergies et de changements climatiques. Et je me demandais, sans doute comme bien d’autres : pourquoi un nouveau livre?

Si j’ai choisi de vous en parler aujourd’hui, c’est parce que ce livre me semble particulièrement important et utile à ce moment précis des changements climatiques!

En effet, nous savons maintenant de façon certaine que nous n’éviterons pas les changements climatiques (pour y arriver, il aurait fallu agir beaucoup plus tôt et beaucoup plus radicalement que nos gouvernements ne l’ont fait) : ces changements sont déjà en cours (on le voit bien avec la fonte des glaces dans l’Arctique et l’Antarctique) et le mieux que nous pourrons maintenant faire (si nous acceptons enfin d’agir avec audace et célérité), c’est de limiter l’ampleur de ces changements, et donc des conséquences auxquelles il faudra faire face.

Mais il y a aussi une deuxième raison importante d’agir dès maintenant : nous préparer aux conséquences maintenant inévitables de ces changements climatiques, pour en minimiser l’impact aussi bien pour nous que pour l’ensemble des populations terriennes. Car plus nous serons prêts, mieux nous pourrons affronter les défis considérables auxquels nous serons confrontés.

Et comme la volonté politique des États de la planète semble encore bien en deçà de ce qui serait nécessaire et urgent (voir les résultats très décevants des conférences internationales consacrées à la lutte contre les changements climatiques), ce qui constituait le « Plan A », il nous faut maintenant nous rabattre sur le « Plan B », celui qui dépend davantage de nous sans attendre que les États prennent enfin leurs responsabilités.

C’est l’objet du nouveau livre de Steven Guilbeault et de François Tanguay. Prenant acte de la situation internationale, qu’ils connaissent mieux que personne pour avoir régulièrement suivi et participé à ces conférences mondiales sur le climat, ils font œuvre de pédagogie mobilisatrice en nous offrant un portrait particulièrement vulgarisé et dynamique de l’ensemble du dossier :

  • l’état actuel des changements climatiques
  • l’état actuel des négociations internationales
  • l’état actuel des politiques canadienne et québécoise en matière de changements climatiques
  • les défis que nous devons relever dès maintenant en matière d’énergie
  • les changements que nous pouvons (et devons) collectivement faire, sans attendre après nos gouvernements : le fameux « Plan B »
  • de nombreuses expériences concrètes qui se font déjà en ce sens (aussi bien ici qu’ailleurs dans le monde)
  • etc.

Ce qui est remarquable dans ce livre et qui, à mon avis, le démarque de la plupart des autres livres sur le sujet, c’est le ton simple et familier avec lequel les auteurs réussissent à nous faire partager leurs connaissances et leurs expériences : ce qui le rend particulièrement accessible et intéressant à lire (ce n’est quand même pas un roman… mais presque aussi captivant!).

En effet, que ce soit les fameuses rencontres internationales sur le climat, les expériences d’efficacité énergétique à l’échelle d’une municipalité entière ou les réactions aux augmentations des tarifs d’Hydro-Québec, c’est à travers leurs propres expériences concrètes de ces sujets que Steven et François nous en font découvrir les dessous et les enjeux qui s’y cachent. C’est ainsi que des sujets potentiellement arides ou abstraits deviennent au contraire concrets, simples, voire parfois palpitants!

Le défi des changements climatiques, au niveau planétaire, demeurera évidemment toujours considérable. Mais la lecture du Prochain virage, elle, non seulement vous aidera à mieux comprendre les véritables enjeux qui s’y jouent, mais surtout, elle vous redonnera espoir dans cet avenir immédiat qui est le nôtre : il y a déjà plein de choses intéressantes et positives que nous pouvons réaliser dans nos vies, nos quartiers et nos villes, dont plusieurs sont déjà expérimentées ici ou là. À nous d’y participer, de les proposer autour de nous et d’en faire, peu à peu, des priorités pour nos communautés.

Un peu à la manière des Villes, villages ou communautés en transition : faisons nous-mêmes, graduellement, individuellement et collectivement, la vie comme nous souhaitons (et que nous avons besoin) qu’elle soit…

Merci, Steven et François, de nous permettre d’y croire encore et d’y participer concrètement.

[1] Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat composé de représentantEs de presque tous les pays membres de l’ONU. Leur cinquième rapport, en trois parties, a été rendu public le 27 septembre 2013 (premier volet), le 31 mars 2014 (deuxième volet) et le 13 avril 2014 (troisième volet).

Le 11 avril, c’est non aux énergies du passé!

Le nouveau ministre des Ressources Naturelles du Canada, Greg Rickford, nous fera l’honneur de sa visite le 11 avril prochain, de 11h30 à 12h30 à Montréal, puisqu’il viendra faire la promotion des pipelines de sables bitumineux (Ligne 9B d’Enbridge et Énergie Est de TransCanada) auprès du Conseil des Relations Internationales de Montréal (CORIM).

Comme nous considérons important de souligner ce premier discours officiel du nouveau ministre, nous invitons chaque citoyen intéressé à se faire entendre au sujet de l’arrivée du pétrole des sables bitumineux dans l’Est à venir manifester devant le Marriott Château Champlain Montréal ce 11 avril entre 11h30 et 12h30.

Après l’autorisation donnée par l’Office National de l’Énergie pour le pipeline Ligne 9 d’Enbridge et l’annonce du projet de TransCanada qui ont eu lieu juste avant les élections, il est important de nous montrer mobilisés.

Le 11 avril prochain, une occasion à ne pas manquer pour dénoncer ces projets d’un autre âge et démontrer notre opposition face à l’industrie des sables bitumineux qui dicte présentement sa politique à Ottawa.

Les organisations suivantes appuient cette manifestation:

Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)
Conseil des Canadiens
Eau Secours
Équiterre
Fondation David Suzuki
Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada)
Greenpeace Québec
Regroupement Interrégional Gas de Schiste de la Vallée du St-Laurent (RIGSVSL)

Plus d’info sur le dîner-causerie de la CORIM :
http://www.corim.qc.ca/index.php?idsession=0&cate&recherche&idmodule=14&idmodule_temp&idprod=331&page_html&idstatic&idlang=1

Plaidoyer pour une nourriture locale (partie 2)

Cet article est la traduction d’un essai de Helena Norberg-Hodge et Steven Gorelick. Après une entrée en matière qui nous présentait les nombreux avantages de la nourriture locale, nous regardons à présent les aspects pratiques d’un changement de notre système alimentaire, pour le rendre plus local et juste.

Comment passer à une échelle locale?

Les systèmes alimentaires locaux ont d’énormes avantages, mais la plupart des décideurs, croyant que davantage de commerce est toujours meilleur, soutiennent systématiquement une mondialisation accrue de la nourriture. Par conséquent, des produits identiques parcourent le monde en tous sens, sans autre but que d’enrichir les intermédiaires corporatifs qui contrôlent l’approvisionnement mondial en nourriture.

Une première étape immédiate consisterait à faire pression pour que des changements de règles assurent que des produits identiques ne puissent à la fois être exportés et importés. Si nous éliminons les échanges commerciaux inutiles de toutes sortes de produits depuis le blé, le lait et les pommes de terre jusqu’au jus de pomme et au bétail vivant, la réduction des flux de transport amènerait à elle seule des bénéfices instantanés. De plus, si on permettait aux gens du monde entier de manger leur propre pain et de boire leur propre lait, les méga-entreprises ne feraient pas des profits à chaque fois que nous nous mettons à table.

Un tel changement exigerait de repenser le dogme du « libre échange ». Les traités commerciaux doivent être réécrits afin de rétablir les droits des citoyens à protéger leur économie et leurs ressources des prédateurs corporatifs.

Dans le même temps, les subventions qui soutiennent actuellement le système alimentaire mondialisé doivent être redirigées vers des systèmes plus locaux. Les gouvernements ont dépensé d’énormes sommes provenant des contribuables pour soutenir un système alimentaire coûteux qui prétend fournir de la nourriture ‘à bas coût’. Si même une partie de ces sommes était plutôt dédiée au soutien de systèmes alimentaires locaux, le coût de la nourriture local diminuerait de façon importante, et sa disponibilité augmenterait rapidement.

Des changements dans la politique énergétique sont extrêmement importants – celle-ci subventionne actuellement lourdement des systèmes énergétiques centralisés et à grande échelle nécessaires au commerce mondial et au « développement » industriel de tout poil. Dans le Sud, où l’infrastructure énergétique est encore en cours de construction, une réorientation vers une énergie renouvelable et décentralisée pourrait facilement être faite moyennant une petite partie du coût financier et des bouleversements humains entraînés par les énormes barrages, le nucléaire et les énergies fossiles.

Nous devons également reconnaître l’importance du savoir local dans la conservation des systèmes alimentaires locaux et récupérer les savoirs qui ont été en grande partie perdus. De nos jours, un modèle éducatif universel est imposé de par le monde, ce qui élimine beaucoup du savoir et des compétences dont les gens ont besoin pour subsister à partir de leurs ressources propres, là où ils habitent.

Des changements de législation fiscale aideraient également à soutenir la relocalisation alimentaire. Des crédits d’impôts pour les technologies gourmandes en capital et en énergie favorisent actuellement les producteurs les plus gros et les plus mondialisés. Dans le même temps les méthodes demandant beaucoup de main d’œuvre des producteurs diversifiés à petite échelle sont pénalisées par les impôts sur le revenu, les charges sociales et les autres taxes pesant sur le travail.

La re-réglementation du commerce mondial et la déréglementation du commerce local

Comme nous l’avons vu, la dérégulation continue du commerce et de la finance mondiaux a amené à l’émergence d’entreprises géantes dont les activités causent beaucoup de pollution et d’exploitation sociale. Ceci a amené un besoin grandissant de règlementations sociales et environnementales ainsi que d’une énorme bureaucratie pour gérer ces règlements. Cette bureaucratie étouffe les petites entreprises par la paperasse, les inspections, les amendes, et le coût des technologies obligatoires. Le fardeau réglementaire est trop lourd pour les petits, alors que les gros paient facilement et grossissent encore à mesure que leurs petits concurrents disparaissent. Combien de laiteries ont mis la clé sous la porte parce qu’elles se devaient d’avoir des éviers en acier inoxydable, alors que ceux en porcelaine les avaient bien servies pendant des générations?

Il y a actuellement un besoin urgent de re-réglementer le commerce mondial en permettant aux gouvernements nationaux et régionaux de contrôler les activités des compagnies transnationales. Il est tout aussi urgent de déréglementer le commerce local, qui de par sa nature est beaucoup moins susceptible de nuire à la santé humaine et à l’environnement.

Inverser la tendance

Ces changements de politique et de réglementation ouvriraient un espace pour que des milliers d’initiatives portées par les collectivités – dont beaucoup existent déjà – puissent s’épanouir. De l’agriculture soutenue par la communauté et des livraisons de paniers aux marchés fermiers, coops alimentaires et campagnes pour l’achat local, les gens ont déjà commencé le travail de terrain nécessaire à la reconstruction de leurs systèmes alimentaires locaux. Mais ces efforts ne suffiront pas si les politiques publiques continuent à favoriser les gros et ceux qui opèrent au niveau mondial.

Lorsque les ministres promeuvent aveuglément le commerce pour le commerce tout en discutant de réductions d’émissions de CO2, il peut sembler peu probable que des changements significatifs aient lieu. Et tel sera en effet le cas si les activistes et les citoyens ne s’unissent pas derrière des bannières anti-mondialisation et pro-locales, et s’ils n’exercent pas une forte pression de la base. Des alliances inusitées ont d’ores et déjà vu le jour. Des environnementalistes et des syndicalistes, des fermiers et des tenants de l’écologie profonde, des gens du Nord et du Sud – se donnant la main pour refuser le rouleau compresseur qui détruit les emplois aussi vite que les espèces, et menace le gagne-pain des fermiers tout en faisant monter le prix de la nourriture saine sur le marché.

Il faut toutefois faire encore davantage de travail, y compris par des campagnes d’éducation révélant les liens entre les nombreuses crises que nous vivons, pour dire haut et fort la vérité sur le commerce et la façon dont nous mesurons le progrès, et pour décrire de façon saisissante les bénéfices écologiques, sociaux, psychologiques et économiques de la relocalisation et de la décentralisation de nos économies.

Raccourcir les liens entre fermiers et consommateurs pourrait être l’une des façons les plus stratégiques et agréables d’amener des changements profonds qui vont dans le bon sens. Quelle satisfaction de savoir qu’en faisant quelque chose d’aussi positif pour nous-mêmes et nos familles, nous apportons également une contribution bien réelle à la préservation de la diversité, la protection des emplois, des moyens d’existence ruraux et de l’environnement, partout dans le monde

Helena Norberg-Hodge est une militante écologiste britannique, fondatrice de l’International Society for Ecology and Culture (ISEC), dont l’un des projets est le film Economics of Happiness (L’économie pour le bonheur). Steven Gorelick est directeur des programmes à l’ISEC et co-réalisateur de Economics of Happiness. Merci à tous deux de nous avoir permis d’utiliser cet essai!

Traduit de l’anglais par Sylvie Robert, membre du Réseau Transition Québec.

L’article original peut être trouvé sur le site l’International Society for Ecology and Culture.

8 septembre prochain: rencontre annuelle du Réseau Transition Québec

Au Café l’Artère à Montréal

« Se mettre à jour et échanger »

Une Grande invitation!

Le Réseau Transition Québec a pour principale mission la circulation de l’information relative à la Transition au Québec, et l’organisation de rencontres où les initiatives de Transition peuvent échanger leurs expériences. Le 8 septembre aura lieu la rencontre que nous organisons annuellement. Elle s’adresse aux personnes ayant déjà une compréhension du modèle de Transition, et qui font partie d’une initiative de Transition existante ou souhaitent en démarrer une dans leur communauté. Si vous ne possédez pas les notions de base nécessaires à cette rencontre mais aimeriez y participer, communiquez avec nous pour connaître les ressources disponibles pour vous mettre à niveau.

Considérations pratiques

• La rencontre se tiendra au Café l’Artère, 7000, avenue du Parc (métro Parc), à Montréal.

• Le café-brioche (déjeuner),  le repas du midi (végétarien) et une pause café sont inclus dans le coût de 30 $.

• Indiquez tout de suite votre intérêt à participer par un courriel à info@quebecentransition.org

Avant le 23 août postez votre chèque au nom de la Fondation Écho-Logie, à l’adresse suivante : 7011 ave Champagneur, Montréal, H3N 2J6. N’oubliez pas de faire votre choix de 2 ateliers sur 4 (cf. pièce jointe pour le déroulement et le formulaire d’inscription). Nous tâcherons d’accommoder tout le monde.

 
Une autre grande invitation!

Afin de célébrer ses 2 ans d’existence, Villeray en transition invite tout le mouvement (et le reste du monde!) à une fête qui aura lieu le 7 septembre, de midi à 16h, au Parc du Patro le Prévost, 7355, av Christophe-Colomb  (à l’intérieur en cas de pluie) à Montréal. Une table est prévue pour les initiatives en dehors de Villeray qui souhaiteraient montrer leurs activités passées ou en cours.

Nous souhaitons nous servir de cet événement pour attirer les projecteurs sur la Transition en général, plus pertinente que jamais aux quatre coins du monde.

La participation du plus grand nombre à la fête du 7 septembre sera donc non seulement un grand plaisir, mais aussi une démonstration de l’enthousiasme qui entoure notre mouvement.

Vous pouvez obtenir plus d’informations sur la fête de Transition Villeray sur leur site web, sur Facebook ou en leur écrivant par courriel.

 

Le déroulement de la journée du 8 septembre et le formulaire d’inscription sont ici: Déroulement et inscription – 8 septembre 2013.
Au plaisir de vous de vous rencontrer tous et toutes le 7 et le 8 septembre!

Diane, Serge, Sylvie, Thérèse
Comité de coordination du Réseau Transition Québec

Pétrole, quand tu nous tiens…

S’il n’y avait qu’un seul débat qui devait ressortir de la tragédie survenue à Lac-Mégantic, c’est bien celui sur la place qu’occupent le pétrole et plus généralement les hydrocarbures dans nos vies. Puisque même si la notion du pic pétrolier parait toujours aussi abstraite pour le commun des banlieusards, brûler des énergies fossiles nous mène déjà vers les contrées inconnues du dérèglement climatique.

Il y a ainsi de ces seuils qu’on préférait ne pas franchir. Début mai, on apprenait, selon les relevés de l’observatoire de Mauna Loa, ce centre scientifique basé à Hawaï et géré par l’Institut Scripps d’océanographie qui mesure depuis plus de cinquante ans la concentration de CO2 dans l’atmosphère, que nous étions sur le point de dépasser le seuil de 400 particules par million (ppm) de gaz carbonique dans l’atmosphère. Seuil dont nous pouvons maintenant bel et bien affirmer qu’il a été franchi.

Voilà une annonce plutôt préoccupante. Comme le rappelle le journaliste Hervé Kempf : « On considère généralement qu’atteindre le seuil de 450 ppm de CO2 conduirait à un réchauffement moyen de 2 °C par rapport à l’époque pré-industrielle, ce qui pourrait placer le climat planétaire dans un état de déséquilibre irréversible. En fait, pour le GIEC, pour limiter le réchauffement climatique entre 2 et 2,4 °C par rapport à l’ère préindustrielle, il faudrait que la concentration de CO2 plafonne entre 350 et 400 ppm. »

Ces données récemment enregistrées nous placent donc bien au-delà du fameux chiffre de 350 ppm, mesure d’ordinaire retenue dans les tractations entourant les négociations internationales sur le climat comme étant la limite sécuritaire à ne pas franchir pour assurer le bien-être de l’humanité. Le chiffre le plus important sur Terre, en disait d’ailleurs James Hansen, une des références internationales en matière de climatologie.

Le constat fait par l’observatoire de Mauna Loa l’a aussi été par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), apprenait-on le 3 juillet dernier. Le dernier rapport de l’OMM souligne en effet que le réchauffement climatique est bel et bien réel et prend de l’ampleur. Il met en évidence la hausse des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre, dont le CO2, pour lequel la concentration a augmenté de 39% depuis le début de l’ère industrielle. La tendance est maintenant telle que l’Agence internationale de l’énergie entrevoit de son côté une hausse des températures de pas moins de 5,3 °C d’ici la fin du siècle.

En regard de ces chiffres, il est donc plutôt consternant de voir la classe politique continuer de feindre de prendre la situation au sérieux. À preuve, le président Obama qui, fin juin, présentant son plan de lutte contre les gaz à effet de serre (GES), mettait en garde les promoteurs du projet de pipeline Keystone XL que celui-ci verrait le jour seulement s’il ne nuit pas « trop » au climat. Comment tout dire et ne rien dire à la fois ! Si certains y ont vu une indication à l’effet qu’Obama pourrait opposer son veto au projet, le flou artistique de sa déclaration nous fait plutôt craindre qu’on se prépare à trouver un subterfuge pour faire avaler le projet aux opposants. Des promesses d’agir, des promesses de nouvelles orientations, voilà en quoi réside fondamentalement le plan Obama sur le climat. Le Département d’État s’étant déjà montré favorable au projet et l’armée de lobbyistes du secteur pétrolier se massant aux portes de la Maison blanche, on voit mal qu’on comment le président démocrate osera aller contre ceux qui alimentent de leurs portefeuilles la machine à élections étatsunienne. Nous attendons d’ailleurs toujours la fermeture de Guantanamo…

Al Gore a beau soutenir que le récent discours d’Obama constituait le « meilleur discours sur le climat jamais prononcé par un président », nous lui conseillons d’attendre la mise en place de mesures concrètes avant de se perdre en louanges. Puisque c’est une chose de parler de mesures pour limiter la pollution générée par les centrales électriques au charbon ou d’exprimer pour une énième fois le désir de promouvoir le développement des énergies renouvelables, tant que nous ne parlerons pas de réduction de la consommation, tout gain en matière d’efficacité énergétique risque d’être nul, si ce n’est d’empirer la situation. Dans un monde qui carbure à la croissance, c’est hélas la triste réalité mise en lumière paradoxe de Jevons (et que le journaliste étatsunien David Owen a brillamment mis en lumière dans son ouvrage The Conundrum, qui fera l’objet d’une traduction aux Éditions Écosociété cet automne).

On perçoit la même ambivalence du côté de Québec et du Parti québécois, où l’on souffle le chaud et le froid en matière d’énergie. On semble d’ailleurs beaucoup plus prompt à exploiter le pétrole québécois et importer le pétrole sale albertain qu’à mettre de l’avant des mesures effectives pour sortir de notre dépendance au pétrole. On vit dans un monde de formules magiques, dans lequel nous pourrions avoir le pétrole… sans les GES ! On a beau promettre une vaste consultation pour élaborer la nouvelle politique énergétique du Québec, les signes venant de Québec nous laissent songeurs, pour dire le moins. Si un tel exercice demeure louable, il serait bien de rappeler à tout ce beau monde qu’un tel exercice s’est déjà tenu au milieu des années 1990, une vaste consultation dont étaient ressorties des conclusions qu’il aurait été sage d’appliquer. L’idée était très simple : avant d’envisager toute nouvelle exploitation de ressources énergétiques, il devrait avoir été démontré que cet ajout d’énergie n’aurait pas pu être compensé par une réduction de consommation équivalente (que ce soit en matière de réduction de la consommation ou de gains d’efficacité énergétique). Force est d’admettre que les gouvernements qui se sont succédé à Québec depuis vingt ans ne passent pas le test de cet engagement.

On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, nous dit-on souvent pour jeter le discrédit sur une gauche sociale qui lutte pour le maintien (et l’élargissement) de services publics gratuits et de qualité. Or cette maxime, c’est plutôt celle des prestidigitateurs qui nous vendent le développement durable et qui veulent du pétrole sans GES. Et dire que pendant ce temps, à Ottawa, sévit un gouvernement qui considère les sables bitumineux comme une ressource renouvelable