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Être le sage ou être le chef?

Un aîné assis à l’arrière de la pièce d’un groupe du conseil autochtone des États-Unis détient une autorité. Non pas parce qu’il est titulaire d’un grade supérieur, mais parce qu’il a certaines valeurs.

James Hillman
Nos ancêtres étaient des populations tribales, ce qui, par définition, signifie que leur structure était plutôt communautaire que hiérarchique. De nombreuses tribus étaient des sociétés matriarcales dans lesquelles les matrones ou les mères du clan détenaient l’autorité ultime. Par exemple, parmi la Confédération iroquoise au début de l’Amérique du Nord, les hommes devaient obtenir la permission des mères du clan pour aller à la guerre.
Pour la plupart des anciens, le chemin de vie de quelqu’un était orienté vers l’accession ultime au statut d’aîné de la tribu. L’accès à ce statut n’était pas fondé sur l’autorité politique, mais sur la profondeur de la sagesse de la personne. Aujourd’hui, nous nous étouffons avec l’information, mais demeurons sur notre faim quant à la sagesse. Pour les anciens, la sagesse signifiait, comme l’affirme Michael Meade, d’apprendre à extraire un savoir vivant à partir des luttes de la vie qui ont toutes contribué à développer une profonde compréhension de leurs propres vies. En d’autres termes, une descente dans les profondeurs de la vie est nécessaire afin de développer la sagesse. Les aînés authentiques agissent comme un pont entre ce monde et l’autre monde. Selon Meade, le mot bizarre était synonyme d’aîné dans certaines sociétés antiques. Bizarre signifiait simplement avoir un pied dans chaque monde. La bizarrerie et la sagesse étaient étroitement liées.
Comme nous aspirons à être des aînés dans une culture en déclin et un monde en décomposition, il est crucial d’avoir un pied dans ce monde et un pied dans l’autre. Bien que cela puisse paraître étrange à un grand nombre de nos pairs, c’est ce qui nous appelle en ce moment. Nous devons avoir un pied solidement sur le sol de la survie et l’autre dans le domaine de l’âme, du soi sacré. Cette position peut être ressentie comme une bizarrerie plus dérangeante pour nous que pour n’importe qui d’autre, mais c’est seulement cette position qui nous qualifie pour le statut d’aîné et nous donne ainsi les moyens pour prendre soin du monde avec beaucoup d’autorité (relié au mot authentique) intérieure, un monde dans lequel les structures non authentiques de l’ego humain agonisent dans une décomposition abjecte.</p>
<p>Sommes-nous disposés à persévérer dans cette descente afin d’acquérir la capacité d’accéder à la sagesse plus profonde qui résulte de la recherche de l’or au centre de l’âme ?

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Cette série de réflexions est la deuxième partie du livre L’effondrement publié par les éditions Écosociété. Ce livre est la traduction de la première partie de Collapsing Consciously écrit par Carolyn Baker. Les 52 réflexions hebdomadaires sur l’effondrement de la civilisation industrielle qui constituent la deuxième partie de la version originale du livre sont publiées sous la rubrique Carolyn Baker sur ce blogue.

Vous pouvez vous procurer L’effondrement de Carolyn Baker, Éditions Écosociété dans toutes les bonnes librairies, ou en le commandant par la poste en envoyant un chèque de 14$ au nom de

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