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Dépression capitaliste

Survivre à la dépression capitaliste

Nous vivons dans une société toxique pleine de gens toxiques. Même les personnes ayant les meilleurs sentiments – incluant nous-mêmes – ont été élevées dans l’ignorance, la désinformation. Nos modèles de bonheur sont faux, commandités, et utilisés pour vendre des produits. Les standards de relations typiques rendent normaux l’égoïsme, le contrôle et la manipulation. Pour la plupart des gens, il n’est plus possible de survivre sans se vendre, souvent de manière dégradante et écrasante pour leur esprit. Ceux qui souffrent de dépression ou de troubles mentaux ne sont en fait généralement pas anormaux; ils sont ceux qui demeurent douloureusement conscients de la réalité, incapables ou réticents à lui échapper par le consumérisme ou les médicaments.

Les « héros » d’aujourd’hui sont fabriqués, bidon, et sont seulement des marques à succès, utilisées pour faire la promotion d’autres marques. Les modèles que nous sommes encouragés à idolâtrer sont tous des gens riches qui sont connus pour des tendances superficielles, et non pour une quelconque qualité authentique de leur caractère ou pour leur contribution au monde. Nos égos sont développés, mais la compassion est de plus en plus découragée, et parfois même rendue illégale. Ceux qui possèdent beaucoup gardent un statut et un pouvoir supérieurs en s’assurant d’utiliser tous les moyens à leur disposition pour limiter et contrôler les autres. Pour ceux qui ne croient pas à ce constat: je suis désolé, mais le déni continuel et vigoureux de la vérité ne fait pas disparaître la réalité.

Donc au bout du compte, on recherche la reconnaissance et l’acceptation. Nous sommes juste des esclaves qui ont un confort moderne. Quiconque affirme autre chose ignore le fait que nous ne pouvons pas choisir de sortir de cette logique, à moins d’accepter la prison ou la mort. De nos jours la confiance en soi et une apparente force sont souvent obtenues en tuant toute empathie, intelligence ou conscience de ce qui nous entoure. Ceux qui résistent au renoncement à leur éthique – bien que ce soit la chose la plus difficile au monde à faire – sont vus, ironiquement, comme « faibles ». Ceux qui refusent de renoncer à la raison factuelle basée sur des preuves empiriques, la science et la justice sont étiquetés fauteurs de trouble, des ennemis de supposés « progrès » et « grandeur ».

C’est la vie. Tu peux te concentrer sur les chiots et les arcs-en-ciel, mais ça reste un bordel merdique qui nous agresse psychologiquement. Tu peux suspendre la réalité et t’engager dans un lavage de cerveau religieux ou te convaincre d’un but plus grand que toi, si c’est ton truc – ou peut-être as-tu subi l’agression de l’endoctrinement quand tu étais enfant, jusqu’à ne plus être capable de jugement critique. À la télévision, en politique, ou à travers des livres mythologiques et des croyances, toutes les « réponses » qui nous sont offertes sont des agendas artificiels créés par l’homme qui sont mis en oeuvre au profit de quelqu’un d’autre. C’est la pure vérité. Soit tu es un escroc, soit tu es celui qui se fait escroquer; psychopathe heureux ou souffrant sain d’esprit.

Le vrai secret pour survivre à la dépression capitaliste? Comprends le système. Attaque la cause. Canalise toute ta révolte. Même si c’est seulement parce que tu sais qu’abandonner aide la cruauté cupide et insensible à triompher. Si nous vendons nos âmes pour avancer, marchant sur les autres, nous devenons une partie du problème. Nous devenons alors la raison pour laquelle quelqu’un d’autre se sentira comme nous nous sentons en ce moment. Soit ce cercle de la haine se consume lui-même jusqu’à la destruction finale de l’humanité et de notre monde – soit nous rendons la civilisation à nouveau civilisée. De quel côté veux-tu être? On peut trouver un sens à nous approprier nos vies, et à les rendre vivables à nouveau.

Cet article a été publié par Michael A. Emero sur Films for Action. Michael est un activiste pour des causes sociales, écrivain, « geek » et musicien, vivant dans la région de Seattle, état de Washington. Traduit avec son aimable autorisation.