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La montée inquiétante du militarisme au Canada

Cet article est une recension de la brochure du Collectif Échec à la Guerre.

Nos gouvernements nous répètent constamment qu’il faut diminuer notre dette et couper dans nos dépenses ; et ce sont toujours les programmes sociaux qui écopent. Ils veulent aussi relancer la croissance économique et pour ce faire, diminuent progressivement les impôts des plus riches, dans l’espoir que ceux-ci investissent davantage et créent ainsi des emplois.

Le gouvernement fédéral de M. Harper se distingue pour la dureté de ses mesures. Par exemple, la réforme de l’assurance emploi a privé des centaines de milliers de Canadiennes et Canadiens d’un appui bien nécessaire. Mais en même temps, ce gouvernement a décidé d’augmenter de façon importante ses investissements dans l’armée, en annonçant en 2008 des dépenses militaires de l’ordre de 490 milliards de dollars pour les vingt prochaines années!

Cette orientation du gouvernement canadien n’est pas un hasard ; nous assistons à une militarisation progressive de ses orientations. C’est ce que met en lumière le Collectif Échec à la guerre, dans une brochure qu’il vient de publier et qui s’intitule « La montée inquiétante du militarisme au Canada » ; comme le Collectif l’explique dans sa présentation :

Cette brochure a été produite pour contribuer à mettre en lumière la montée inquiétante du militarisme au Canada… Sans vouloir imposer un ordre de priorité aux luttes pour préserver et élargir les droits et les acquis sociaux attaqués par l’agenda néolibéral et conservateur au Canada, force est de constater que le militarisme est bel et bien au cœur de l’idéologie du gouvernement Harper et que sa mise en œuvre coûteuse progresse rapidement, au détriment des sphères d’activité sociales de l’État. Il nous semble donc important que les luttes pour préserver et élargir les acquis sociaux, pour défendre le bien commun, soient menées de concert avec la dénonciation de la montée du militarisme au Canada.

La brochure présente plusieurs signes de cette militarisation :

—   l’intérêt pour les drones et les investissements qui y sont faits ;

—   la militarisation du Grand Nord

—   l’intensification du recrutement de l’armée, notamment à partir des cadets

—   la présence de l’armée dans les grands événements publics qui n’ont rien à voir avec la guerre (sports, festivals…).

C’est un fait, le Canada est de plus présent dans les diverses guerres dans le monde ; l’Afghanistan, l’Irak, la Libye… Et ici même au pays, nous vivons avec une surveillance de plus en plus répandue.

Dans un tableau fort intéressant, on voit « ce qui pourrait être fait avec l’argent consacré à la guerre… » (p.37).

On peut se demander si cette orientation militariste du gouvernement canadien ne fait pas partie de sa stratégie pour préparer le pays aux diverses crises prévues pour les prochaines années (hausse significative du coût du pétrole, perturbations climatiques, etc.) ; avec cet autre élément, le resserrement progressif de nos frontières…

coquelicot blanc

La brochure du collectif constitue un excellent instrument de sensibilisation ; pour en obtenir des exemplaires, s’adresser à information@echecalaguerre.org . Et pour celles et ceux qui veulent s’impliquer dans la campagne du coquelicot blanc qui aura lieu en novembre prochain, c’est la même adresse.

Échec à la guerre – rendez-vous le 11 novembre

Cette année encore, la cérémonie officielle de la Légion royale canadienne pour marquer le « Jour du Souvenir » à Montréal aura lieu sur les terrains de l’Université McGill, en présence de nombreux dignitaires et marquée par le traditionnel salut de 21 coups de canon…

Dans le but de donner une plus grande visibilité au courant d’opinion publique qui désapprouve le caractère étroit et militaire de ces cérémonies et la récupération qui en est faite pour promouvoir les politiques militaristes du gouvernement canadien, le Collectif Échec à la guerre organise lundi, le 11 novembre prochain, de 11 h 00 à 12 h 30, une action symbolique visant à donner un autre sens au Jour du Souvenir.

Rendez-vous, à 11 h, à l’intersection des rues

Sherbrooke et McGill College (métro McGill) à Montréal

Une vigile solennelle et silencieuse se tiendra à deux pas de la cérémonie militaire officielle. Nous nous tiendrons debout, en silence, en affichant deux bannières du  Collectif dont le libellé est « Échec à la guerre; place à la paix » ainsi qu’une troisième bannière qui dira simplement ceci : « À la mémoire de TOUTES les victimes de la guerre ». Des tracts expliquant notre position seront distribués à tous les passants et aux médias. Des coquelicots blancs seront également en vente.

Cette action vise à apporter plus d’attention médiatique à notre campagne annuelle du coquelicot blanc. Un communiqué de presse sera émis par le Collectif avant cette action. Le Collectif aura des porte-parole sur place et nous tenterons d’y associer des personnalités connues qui pourront aussi défendre l’orientation de notre campagne.

PLUS NOUS SERONS NOMBREUX ET NOMBREUSES, PLUS NOTRE PRÉSENCE SILENCIEUSE SERA FORTE

Nous vous invitons donc à partager ce message dans tous vos réseaux.

Solidairement !

Le Comité de suivi du Collectif Échec à la guerre

Le Jour du souvenir – pourquoi porter… un coquelicot blanc?

L’idée du port d’un coquelicot blanc a commencé à germer en Angleterre en 1926.

La Première Guerre mondiale avait entraîné la mort de 10 millions de soldats et d’un million et demi de civils. Le coquelicot rouge était porté depuis 1921 à la mémoire des soldats morts à cette guerre et les fonds recueillis par sa vente allaient au Haig Fund qui venait en aide aux vétérans et à leur famille. Le mouvement pacifiste No more War Movement proposa de remplacer les mots Haig Fund au centre du coquelicot par No more War (Jamais plus la guerre). Devant l’échec de cette proposition, l’idée de créer une fleur différente commença à prendre forme…

En novembre 1933, dans le contexte d’une nouvelle montée des tensions au niveau international, la première campagne du coquelicot blanc fut lancée en Angleterre par la Co-operative Women’s Guild (CWG). Le coquelicot blanc ne se voulait pas un affront au coquelicot rouge. D’ailleurs, plusieurs des femmes de ce mouvement avaient perdu un membre de leur famille à la guerre. Elles voulaient plutôt commémorer toutes les victimes de la guerre et contrer les courants militaristes de l’époque. L’année suivante, le Peace Pledge Union, mouvement pacifiste nouvellement formé, appuya cette initiative et prit par la suite en charge la production et la vente des coquelicots blancs, jusqu’à aujourd’hui.

Au Canada, la campagne des coquelicots blancs prend son essor en 1998, suite à la publication d’un article dans le bulletin d’information de Conscience Canada, le mouvement des objecteurs de conscience à l’impôt militaire. L’année suivante, un dépliant d’appui à la campagne des coquelicots blancs a circulé parmi des groupes actifs pour la paix dans différentes régions du pays. Un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale, Frank Knelman, expliquait à cette époque qu’il voulait non seulement se souvenir de ceux qui ont combattu et souffert comme soldats, mais qu’il voulait consacrer ses énergies à empêcher la guerre et à mettre fin au militarisme. « Je veux me souvenir que 95 % des victimes dans les guerres modernes sont des civils » disait-il.

Nous savons que les guerres du 20e siècle ont causé la mort de plus de 200 millions de personnes. Et nous constatons, depuis plusieurs années, la recrudescence du militarisme au Canada : participation à la guerre d’occupation en Afghanistan et aux bombardements contre la Libye, croissance vertigineuse des dépenses militaires, glorification de la guerre et de l’armée, de « l’histoire » et de la « culture » militaires…

C’est pour marquer notre opposition collective à cette montée du militarisme ici même que le Collectif Échec à guerre a décidé de lancer, en 2011, sa première campagne annuelle du coquelicot blanc au Québec.

En 2013, portons le coquelicot blanc en souvenir de toutes les victimes de la guerre, militaires et civiles, de toutes les personnes tuées, blessées, emprisonnées, déplacées, réfugiées, violées.

En 2013, portons le coquelicot blanc pour faire échec à la guerre et au militarisme !