Haro sur les nouveaux compteurs !

Peut-être êtes-vous de ceux et celles qui avez déjà reçu la visite d’Hydro-Québec (HQ) ou de ses sous-traitants pour l’installation des nouveaux compteurs dits « intelligents ». Et si ce n’est pas encore le cas, cela ne saurait sans doute pas tarder. Personnellement, je suis de ceux et celles qui ont fait le choix de refuser l’installation de ces nouveaux compteurs – même si la direction d’HQ ne reconnaît pas la légitimité de ce refus.

Suis-je parce que je suis une personne que l’on décrit comme étant « électrosensible » ? Non, et en fait je ne pense pas que ce soit mon cas. Rien non plus ne me porte à craindre a priori la nocivité potentielle des ondes électromagnétiques. Et bien honnêtement, je n’ai pas les capacités à pouvoir me prononcer sur le réel danger (ou pas) de ces ondes. Cela dit, il faut être de mauvaise foi pour ne pas prendre acte des témoignages qui s’accumulent de plus en plus concernant des personnes qui développent divers symptômes que l’on associe à l’électrosensibilité. Et dans un tel cas de figure, il me semble que la moindre des choses serait d’appliquer le principe de précaution, le temps d’analyser plus en profondeur de quoi il en retourne.

Surtout qu’en l’état actuel, on ne laisse pas vraiment le choix aux usagers de la société d’État et les « solutions » de retrait proposées par HQ sont iniques, pour dire le moins. D’autant plus que le droit de retrait avec compensation est justement évoqué comme une solution équitable pour les personnes ayant opté pour le nouveau compteur. Mais au-delà du montant prohibitif associé à l’option de retrait pour plusieurs ménages, qu’y a-t-il d’équitable dans le fait, par exemple, d’avoir à payer pour ne pas avoir le nouveau compteur, mais d’avoir à subir les compteurs de ses voisins ne voulant pas, eux, payer, dans les cas où plusieurs compteurs sont installés dans un même logement – une situation loin d’être anecdotiques, particulièrement à Montréal (c’est d’ailleurs notre cas à nous). Donc, pour l’équité, on repassera.

Mais au-delà des questions environnementales et de santé (il est cependant quand même particulier qu’HQ doive se faire rassurante en la matière dans ses communications ; serions-nous justifié autrement de douter qu’on puisse nous imposer des technologies non sécuritaires et non fondées en matière de santé publique?), la direction d’HQ n’a jusqu’ici, à mon sens, jamais pu démontrer le réel bien-fondé de sa démarche. D’autant plus que, dans l’optique où il faudrait impérativement changer tous les compteurs électromagnétiques actuels (ce qui selon moi reste encore à prouver), d’autres options pourraient être envisagées, lesquelles n’ont à ma connaissance pas réellement été étudiées par la société d’État.

Hydro-Québec semble en fait avoir fait son nid et, tel un chien avec son os, va chercher à tenir son bout jusqu’à la limite – aidé en cela par des députés qui, malgré leur reconnaissance dans plusieurs cas des préoccupations légitimes des citoyens et citoyennes, n’envisagent toujours pas de remettre HQ à l’ordre. Et il ne faudrait surtout pas compter sur la Régie de l’énergie pour tempérer les ardeurs d’HQ, elle qui depuis longtemps fait simplement office de caisse de résonance (et de légitimation) des décisions d’HQ.

Et pour se justifier et nous « vendre » le bien-fondé de cette nouvelle technologie, on se cache derrière les normes « officielles », même si celles-ci datent des années 1950, qu’elles furent établies dans un contexte fort différent et que depuis bien de l’eau a coulé depuis sous les ponts – même si dans les faits, nous commençons tout juste à comprendre les implications réelles de la prolifération des ondes électromagnétiques. Mais qu’à cela ne tienne, HQ pourra toujours compter sur son arrogant porte-parole, Patrice Lavoie, pour venir tourner en dérision ceux et celles osent douter du discours lénifiant des partisans des nouveaux compteurs.

Or, si le passé est garant de l’avenir, les craintes exprimées par tous ces mouvements « refuse » qui ont essaimé à travers la province, sont plus que légitimes. Car la manière avec laquelle on défend l’innocuité des ondes électromagnétiques n’est pas sans rappeler comment on s’y prenait il y a encore pas si longtemps pour défendre le tabac ou les bienfaits des pesticides et autres produits chimiques introduits par le « génie humain » dans la nature. Dans un entretien fort éclairant, Nancy de Méritens et Jean Heches, coréalisateurs du documentaire Ondes, science et manigances, expliquent d’ailleurs bien comment s’y prennent les géants de la téléphonie pour semer le doute scientifique sur la question des ondes électromagnétiques. Exactement comme on le faisait en d’autre temps pour d’autres substances, selon les mêmes procédés : semer le doute, financer des experts, alimenter la contradiction par de fausses recherches, jouer sur les mots, etc. Le tout pour éviter tout débat sérieux sur les risques sanitaires et environnementaux des ondes électromagnétiques. Qu’il existe des centaines de recherches scientifiques nous mettant en garde ? Voilà qui n’ébranle en rien la confiance absolue de l’industrie et des autorités réglementaires. Pour eux, tant que le risque zéro aboslu ne sera pas atteint (et d’une certaine façon il ne le sera jamais…), pas question d’arrêter la bonne marche du « progrès ».

Donc, si vous voulez mon avis, je crois que nous avons toutes les raisons de se méfier des discours qui se veulent (trop) rassurants d’HQ ou des industriels sur la question des ondes électromagnétiques. Et avant de nous imposer tous ces réseaux dits « intelligents », ces fameux smart grid, il serait peut-être que l’on s’arrête quelques instants et qu’on analyse le réel bien-fondé de se lancer aussi aveuglément dans l’adoption et la prolifération de ces nouvelles technologies.

Il n’est surement pas trop tard pour se faire entendre sur la question et il n’est pas exclu qu’HQ finisse par faire marche arrière (ou à tout le moins à corriger le tir) dans ce dossier. Mais comme pour le Suroît ou les gaz de schiste en d’autres temps, il n’en tiendra qu’à la volonté citoyenne de mobilisation. À la fois en refusant l’installation des nouveaux compteurs (d’ailleurs aucun frais supplémentaires n’a jusqu’à présent été demandé aux personnes ayant refusé l’installation des nouveaux compteurs), mais aussi en manifestant notre opposition auprès d’HQ.

Deux manifestations sont d’ailleurs prévues au Square Victoria de Montréal : la première 9 avril prochain, à 8h30, pour marquer le début des audiences à la Régie de l’énergie (lors desquelles seront autorisées – on le présume – les phases 2 et 3 du déploiement des nouveaux compteurs) ; et la deuxième le 12 avril, à 12h, à l’occasion d’une grande marche pour réclamer un décret gouvernemental pour mettre fin au déploiement des nouveaux compteurs.

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Une réflexion au sujet de « Haro sur les nouveaux compteurs ! »

  1. Ralph

    Bonjour,

    Les ondes électromagnétiques sont devenus un vrai problème dans notre société où le sans fil est de plus en plus présent. Les électrosensibles en savent quelque chose.

    Dans mon Ebook « Electrosensibilité et ondes électromagnétiques : quelles conséquences sur notre santé ? » je donne les conseils pour s’en protéger http://www.plusminceplusjeune.org/ebook-electrosensibilite-ondes-electromagnetiques/

    Belle journée à tous,

    Ralph

    Répondre

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