Être dans le déni, ou faire face à ce qui est

Réflexion 14

Vous n’êtes pas appelé à voter sur ce qui est. Avez-vous remarqué ?

Byron Katie

Au cours des bonnes années de prospérité économique, il était plus facile de vivre dans le déni. Après tout, il suffisait de prendre de l’alcool, de la bouffe, la carte de crédit ou de passer à la flamme amoureuse suivante et, pendant un certain temps, tout souci disparaissait. Lorsque les temps sont difficiles, lorsque nous ne sommes peut-être même pas sûrs d’où viendra le prochain repas, nous sommes obligés d’encaisser ce qui est. Ou nous choisissons de prendre encore un autre soporifique ou bien nous restons paisiblement assis à regarder ce qui est.

Le refus de faire face à ce qui est se révèle intimement lié au fait de vivre ailleurs que dans le moment présent. Peut-être que si je peux être ailleurs, je peux échapper à ce qui est. Pourtant, comme le dit l’adage, où que vous alliez, vous y êtes.

Malgré toute la mauvaise presse sur le déni, il possède une fonction de survie dans la psyché humaine. Sans déni, nous serions tous devenus fous il y a longtemps. Mais la plupart des gens n’ont pas réussi à le voir comme un mécanisme de défense et ont plutôt choisi de l’utiliser comme première réaction à la moindre chose désagréable survenue dans leur monde. Le matérialisme, la dépendance à la technologie et une mentalité d’ayants droit sont excellents pour nous encourager à faire exactement cela. Et nous embrassons habituellement le déni parce qu’il nous manque les outils qui nous permettraient de faire face à ce qui est.

Quelle que soit votre situation en ce moment, vous ne pouvez échapper à qui est. C’est peut-être l’une des bénédictions cachées dans l’effondrement de la civilisation industrielle. Tant de choses que nous avons utilisées dans le passé pour atténuer et créer une certaine distance par rapport à ce qui est seront moins disponibles ou, peut-être, ne seront pas disponibles du tout. Le déni est un état infantile dans lequel nous refusons de grandir et de devenir des adultes mûrs capables de faire face à ce qui est. Ces temps troublés ne nous incitent pas seulement à évoluer, mais, dans certains cas, nous donnent des coups de pied au derrière pour nous forcer à abandonner le déni et à nous dire à nous-mêmes ainsi qu’au monde entier la vérité sur le sort de notre planète.

J’ai l’impression que la plupart des gens qui lisent ces mots le font parce qu’ils ont pris conscience depuis longtemps du fait qu’ils ne sont pas appelés à voter sur ce qui est, même s’ils sont toujours engagés dans une lutte acharnée contre le déni. Aucun d’entre nous, peu importe son degré d’information ou d’évolution, n’est jamais totalement libre de déni. Où sont les derniers vestiges du déni en vous ? De quelles subtiles manières pourriez-vous être en train d’essayer de voter sur ce qui est ?

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Le livre L’effondrement. Petit guide de résilience en temps de crise, publié par les éditions Écosociété, est la traduction de la première partie de Collapsing Consciously écrit par Carolyn Baker. Les 52 réflexions hebdomadaires sur l’effondrement de la civilisation industrielle sont quant à elles publiées sur ce site à raison d’une par semaine; elles constituent la deuxième partie de la version originale en anglais du livre Collapsing Consciously.

Vous pouvez vous procurer le livre de Carolyn Baker intitulé L’effondrement. Petit guide de résilience en temps de crise, Éditions Écosociété en librairie, ou en le commandant par la poste en envoyant un chèque de 14$ au nom de Fondation Écho-logie, 7011 ave Champagneur, Montréal, H3N 2J6.

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