De la liberté et de la communauté

Réflexion 6

La liberté est l’ultime désir spirituel d’un être humain, mais la liberté est seulement appréciée quand elle se situe à l’intérieur des paramètres d’un sentiment d’appartenance plus large.

David Whyte

Avec l’écroulement de la société et de la culture, on peut éprouver plusieurs menaces réelles ou imaginaires pour notre liberté. Les lois et leur application peuvent se dégrader. Les systèmes peuvent se désintégrer et devenir des tas de cendres de l’ancienne modernité. Des gouvernements aux soins intensifs qui tentent de maintenir leur contrôle et leur légitimité pourraient devenir de plus en plus autoritaires. Ou dans des zones plus reculées, où le long bras de la loi pourrait avoir été considérablement raccourci par l’effondrement économique, certains individus pourraient usurper le pouvoir dans des tentatives opportunistes de renforcer leurs propres possibilités de survie. D’autre part, l’effondrement des grands systèmes pourrait apporter plus de liberté que beaucoup d’entre nous n’auraient pu imaginer, du moins pour un certain temps. Mais la nature a horreur du vide, et l’absence de structure civique pourrait à la fin aboutir à une sévère répression.

Quelle que soit la liberté dont nous jouissons, ou pas, il est bon de se rappeler les paroles de David Whyte concernant les paramètres d’un sentiment d’appartenance plus large. La civilisation industrielle a poussé beaucoup d’entre nous à l’exil, un exil de nous-mêmes, de la communauté et de la nature. Nous avons maintenant l’occasion et, je crois, l’obligation de découvrir ce que signifie d’appartenir. Sans communauté, nous ne pourrons survivre en ces temps troublés. Avec une communauté, il est possible d’expérimenter un nouveau niveau de sécurité, de soutien et de prospérité au-delà de la simple survie. Pour plusieurs, ce sera leur première expérience d’appartenance depuis l’enfance ou, peut-être, la première tout court.

Peut-être n’aimons-nous pas tout le monde dans notre communauté ou ne raffolons-nous pas dans leur camaraderie, mais l’appartenance est un besoin humain qui doit être satisfait dans les temps difficiles si nous voulons naviguer parmi les écueils de l’effondrement et valoriser notre existence dans les ruines désordonnées de ce qui était autrefois une civilisation florissante. Lorsque nous faisons l’expérience de paramètres sains d’appartenance, nous sommes vraiment libres. L’ancien paradigme soutient que c’est seulement l’esprit libre indépendant qui est pleinement libre d’être lui-même. Est-il nécessaire de chercher plus loin pour voir où cette vieille histoire nous a menés ?

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Le livre L’effondrement. Petit guide de résilience en temps de crise, publié par les éditions Écosociété, est la traduction de la première partie de Collapsing Consciously écrit par Carolyn Baker. Les 52 réflexions hebdomadaires sur l’effondrement de la civilisation industrielle  sont quant à elles publiées sur ce site à raison d’une par semaine; elles constituent la deuxième partie de la version originale en anglais du livre Collapsing Consciously.

Vous pouvez vous procurer le livre de Carolyn Baker intitulé L’effondrement. Petit guide de résilience en temps de crise, Éditions Écosociété en librairie, ou en le commandant par la poste en envoyant un chèque de 14$ au nom de Fondation Écho-logie, 7011 ave Champagneur, Montréal, H3N 2J6.

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