Archives de l’auteur : Serge Mongeau

A propos Serge Mongeau

Serge Mongeau est écrivain, co-fondateur des Éditions Écosociété, ainsi que du Mouvement Québécois pour une Décroissance Conviviale. Il fait partie du comité du Réseau Transition Québec, qui vise à soutenir le développement des initiatives de Transition au Québec.

L’antiproductivisme, pour « chanter au présent » sans attendre demain

Cet article passe en revue l’ouvrage collectif L’Antiproductivisme. Un défi pour la gauche?

Le socialisme s’oppose au capitalisme ; mais au vu des problèmes environnementaux croissants, il doit aussi lutter contre le productivisme. Il ne s’agit pas seulement de mieux partager la richesse, il faut aussi s’interroger sur ce que l’on produit, sur la façon de le faire et sur les conséquences de cette production. Les nombreux auteurs de ce livre réfléchissent là-dessus. Je retiens la position de Paul Ariès, bien connu pour son engagement dans le mouvement de la décroissance, qui a publié en 2012 un livre intitulé Le socialisme gourmand (La Découverte), dans lequel il montrait comment la décroissance n’est pas synonyme de tristesse et de privation, bien au contraire. Il reprend ici ce thème :

Cette foi dans la naissance d’une nouvelle gauche antiproductiviste enfin optimiste, dans une objection de croissance amoureuse du « bien vivre » est fondée sur une bonne nouvelle : la planète est bien assez riche pour permettre à plus de sept milliards d’humains d’accéder, dès maintenant, au bien vivre.
[…] Il faut en finir à gauche avec toute idée de sacrifice, avec toute idée d’ascèse, de restriction, de punition. Nous devons laisser cela à la droite, à la gauche productiviste et à la décroissance bigote. Qui dit sacrifice dit en effet nécessairement appareil (idéologique et répressif) pour gérer ce sacrifice.
[…] Je ne crois plus aux lendemains qui chantent, car je veux chanter au présent.

Le livre est divisé en trois parties :
1. L’antiproductivisme en dépit du productivisme!
2. Radicalité de l’antiproductivisme?
3. Les horizons d’espérance de l’antiproductivisme.

Dans cette troisième partie, on présente des alternatives concrètes qui existent déjà : « Ce sont des chantiers pour déconstruire tous les murs qui aujourd’hui nous enferment dans le labyrinthe du productivisme. Ils ne ‘préfigurent’ pas l’avenir, ils le rendent simplement possible, ils créent des ‘situations’, ils favorisent une ‘architecture des choix’. » La présentation d’une de ces initiatives m’a particulièrement intéressé : « Les ‘Jeudis Veggies’ en Belgique : une inspiration pour nos projets antiproductivistes? », par Élodie Vieille-Blanchard.

Sa présentation commence par un encadré :

Quelques chiffres sur l’impact écologique de la production de viande

– Sur Terre, l’élevage est responsable de 18 pourcents des émissions de gaz à effet de serre, soit davantage que le secteur des transports (FAO 2006). Diminuer la production et la consommation de viande bovine permettrait de réduire les émissions de méthane, ce qui aurait un effet rapide en matière d’effet de serre, puisque ce gaz, au fort potentiel réchauffant, séjourne seulement 4 ans dans l’atmosphère (contre 15 à 200 ans pour le dioxyde de carbone).
– L’élevage mobilise 70 pourcents des surfaces agricoles sur Terre, pour la production d’aliments pour les animaux et pour le pâturage. Près de 40 pourcents des céréales produites sur Terre sont consommées par les animaux (FAO, 2006).
– La croissance de la consommation de viande implique une expansion rapide de la production de soja, principalement en Amérique du Sud. En Amazonie, l’élevage est responsable à 80 pourcents de la déforestation, à travers la production de soja et la mise en pâturage de zones forestières (Greenpeace, 2009).
– La production de viande est très consommatrice d’eau. On estime que la production d’un kilogramme de viande de bœuf nécessite 15 000 litres d’eau (Site Water-Footprint).

Mme Vieille-Blanchard raconte ensuite l’histoire de ces Jeudis-Veggies. Le tout a commencé par une conférence qu’a donnée le président du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) dans la ville de Gand (240 000 habitants) en août 2008, « dans laquelle il a fait valoir qu’en matière de lutte contre le changement climatique, il paraissait très pertinent d’agir sur les émissions de méthane, un gaz de réchauffement potentiellement 23 fois supérieur au dioxyde de carbone ». Après cette conférence, le mouvement EVA (Ethisch Vegetarisch Alternatief), qui fait la promotion de la diète Vegan, a convaincu un échevin de la ville de déclarer les jeudis « journées végétariennes ».

« Dans un premier temps, l’initiative était basée sur l’engagement personnel : six cents personnes sont venues au marché aux légumes signifier leur promesse de manger végétarien au moins une fois par semaine. Elles pouvaient s’appuyer sur une offre locale conséquente, préparée en amont par EVA : ce jour-là, 100 000 cartes végétariennes de la ville ont été distribuées par le biais d’un journal local, indiquant une centaine de restaurants offrant des options satisfaisantes. En octobre, la campagne s’est poursuivie dans les cantines scolaires, qui ont alors commencé à proposer des menus végétariens le jeudi… »

Cette dernière initiative a été accompagnée d’une intense campagne de sensibilisation et d’information des parents sur les effets du végétarisme sur la santé.
Les Jeudis ont connu un tel succès que le gouvernement de Belgique a décidé de financer le mouvement EVA, pour en étendre l’idée à tout le pays.

Voilà une manière d’agir concrète et facilement acceptable par la population, qui ne peut qu’avoir des effets positifs.

L’Antiproductivisme. Un défi pour la gauche? Ouvrage collectif sous la coordination de Michel Lepesant, Éd. Parangon, Lyon 2013

Adieu à la croissance. Bien vivre dans un monde solidaire

Un essai de Jean Gadrey (Éd. Les Petits matins, 2012)

 

Jean Gadrey est un économiste de gauche bien connu en France. C’est un critique constructif du concept de décroissance. La quatrième de couverture présente ainsi son livre :

« La croissance : un remède à tous les maux! Tel est le discours martelé par nos dirigeants depuis des décennies, qu’il s’agisse de réduire le chômage, de régler le problème des retraites, de résorber les inégalités ou de surmonter la crise écologique.

Et si la croissance n’était pas la solution mais le problème? […] Faut-il pour autant ‘décroître’ à tout prix et nous résoudre à une austérité punitive? Le débat est mal posé. Il s’agit de dire adieu au culte de la croissance quantitative, et bienvenue à d’innombrables innovations douces avec la nature comme avec les humains. »

Voilà une belle réflexion qui devrait intéresser tous nos lecteurs.

Dans la première partie, Gadrey explique ce qu’est la croissance : qu’y compte-t-on et qu’y oublie-t-on? On vise des quantités, sans se préoccuper de la qualité ; et pourtant, comme il le montre bien, le mieux-être est déconnecté du « plus avoir ». Pour l’environnement en particulier, la croissance est source de destruction de la nature ; dans une brève annexe au chapitre 3, Gadrey dispose brillamment des arguments des climato-sceptiques. Et dans le chapitre suivant, il montre comment la croissance verte ne peut être qu’une utopie.

Tout cela, la plupart d’entre nous le savions déjà ; le grand intérêt du livre est dans la suite, alors que l’auteur explore cette société post-croissance que nous pourrions nous donner, avec tous les avantages qu’elle comporte. En cessant la course à la productivité et en prenant comme autre objectif la durabilité, ce qui amènerait la création de multitudes de nouveaux emplois ; encore une annexe intéressante, cette fois sur les conséquences du bio généralisé (des milliers d’emplois de plus, et pas tellement plus cher). Puis ensuite un tableau fort inspirant , « Prospective de l’emploi par secteurs », dans tous les domaines, de l’agriculture aux transports, en passant par le commerce, la réparation, les services…Celles et ceux qui prédisent un chômage massif si la croissance ralentit en prendront pour leur rhume…

Dans un bref chapitre, Gadrey nous dit pourquoi il n’aime pas le terme de décroissance, tout en reconnaissant le bien-fondé du concept. « En résumé, écrit-il, défendre le projet d’une société soutenable de sobriété et de plein-emploi, débarrassée de l’obligation de croissance et impliquant une forte réduction des inégalités, c’est sans doute moins radical que de parler de décroissance. Mais l’attente des citoyens porte désormais sur la question : ‘Comment réorienter et avec quels effets sur nos vies?’ C’est à répondre à cette interrogation qu’il s’attaque dans la troisième partie du livre, avec les chapitres suivants :

  • Pour « sauver la planète » : l’égalité des droits au bien-vivre!
  • Les « plus » d’une société du bien-vivre
  • Pauvreté, bien-vivre et croissance
  • Retraite et société soutenable.

Comment tout cela arrivera-t-il? Il écarte en 9 arguments fort convaincants une réforme du capitalisme. C’est par la société civile que tout doit se passer, par le réveil et la prise en charge d’elle-même de la population, qui doit forcer les divers gouvernements à mettre en marche les changements qui s’imposent. Et qu’on ne vienne pas nous dire que nous n’avons pas les moyens de les faire; quand on y regarde bien, de multiples ressources existent, comme dans nos systèmes de taxation qui devraient décourager les comportements nocifs pour l’environnement.

Dans sa conclusion, Gadrey réfléchit sur les scénarios redoutables et sur ceux qui sont désirables. Et il écrit : « La crise, si douloureuse soit-elle pour beaucoup, attire l’attention sur ces idées et ces alternatives. Il n’existe pas d’autre issue que l’action collective coordonnée de toutes ces composantes de la société civile mondiale, qui placent au premier plan, du local à l’international, la solidarité et la justice, la démocratie et le souci de la préservation des multiples patrimoines naturels et sociaux d’une bonne société. »

Un ouvrage à méditer.

Notre essence quotidienne

Ce texte est d’abord paru dans L’Intérêt public, no 8, avril 2013.

Dans le règne animal, manger est toujours la préoccupation principale. Dans l’histoire humaine, ce fut longtemps aussi le cas et ce l’est encore pour une bonne partie des habitants de notre planète. À l’époque où nous étions des chasseurs-cueilleurs, toute la vie était orientée vers la quête de nourriture. S’il n’en avait pas été ainsi, la survie aurait été compromise. Avec la sédentarisation, les humains ont trouvé les moyens de contrôler la production de nourriture ; certains d’entre eux ont développé des techniques et des habiletés particulières pour le faire, si bien que progressivement, la majorité de la population est passée à d’autres activités. Surtout dans les pays occidentaux industrialisés, l’alimentation a suivi le modèle dominant et a été confiée à des entreprises de plus en plus gigantesques dans la production, la transformation et l’approvisionnement. Si bien que dans nos cités modernes, le lien est totalement brisé avec la nature, d’où proviennent nos aliments. Les gens ne savent plus comment est produit ce qu’ils mangent, par qui, dans quelles conditions ; de toute façon, ce qu’ils consomment s’éloigne de plus en plus de sa forme originelle, transformé par de multiples procédés physiques et chimiques.

Pour beaucoup de gens, l’alimentation est devenue une routine aussi nécessaire que le plein d’essence pour l’automobiliste. Manger est consommer des calories, du carburant qui nous permet de continuer à vivre et surtout à travailler. La médecine n’est pas étrangère à cette situation, elle qui décortique les aliments en divers nutriments qu’il faut consommer en doses bien mesurées.

Dans l’histoire humaine, manger a toujours été une fête, un moment de reconnaissance et de réjouissance, une occasion de partage et de rencontre. Aujourd’hui, ce n’est plus que dans de rares occasions qu’il en est encore ainsi. Nous vivons à l’ère des repas tout préparés en portions individuelles, avec les fours à micro-ondes qui permettent de les réchauffer à toute heure du jour. Finis les repas familiaux, les rencontres quotidiennes animées. On mange parce qu’il le faut, des aliments qui répondent plus aux impératifs de profit de ceux qui nous les vendent qu’à nos besoins nutritionnels, et qui en conséquence sont souvent loin de la diversité requise pour une saine alimentation, mais « enrichis » d’une foule de substances qui n’ont rien à voir avec nos besoins véritables.

Chez une marge croissante de la population, on sent un besoin de retrouver le vrai sens de l’alimentation. Établir un lien direct avec la nature en faisant pousser soi-même ses fruits et légumes, se rapprocher de celles et de ceux qui produisent nos aliments grâce aux marchés locaux ou à l’agriculture soutenue par la communauté (les paniers hebdomadaires), refuser les aliments dénaturés par les manipulations génétiques ou la chimie, s’inquiéter des conditions dans lesquelles travaillent celles et ceux qui produisent les aliments. Mais aussi retrouver la joie du partage, en multipliant les « pot lucks », les repas familiaux, les fêtes.

Il me semble que c’est là une façon de redonner un sens à nos communautés et de redécouvrir la vraie joie de vivre dont on s’est éloignés dans la frénésie de notre société de surconsommation.

Image Une planète trop peuplée

Le banquet, les convives et les autres

Bien qu’il ne soit pas encore total, un consensus semble se dégager autour de l’idée que nous, les humains, consommons au-delà de ce que la Terre est en mesure de produire, et ce, au point de mettre en danger les mécanismes qui permettent l’existence humaine sur cette planète. En conséquence, bien des gens ont compris qu’il fallait diminuer notre consommation. Sans compter que, dans nos pays industrialisés, nous sommes de plus en plus nombreux à constater que notre fuite en avant dans la consommation ne contribue en rien à notre épanouissement, bien au contraire.

Mais le système capitaliste, qui repose sur une croissance économique illimitée et sur une augmentation incessante de la consommation, n’accepte pas ce diagnostic. Celles et ceux qui tirent profit de l’ordre mondial actuel (ou du désordre, devrait-on dire) ne veulent rien y modifier, cherchant plutôt des moyens de le faire perdurer sans opérer de changements véritables. Nombre de propositions du développement durable vont dans ce sens : inventer des automobiles qui ont moins d’effets nocifs sur le climat, trouver de nouvelles sources d’énergie pour remplacer le pétrole, se débarrasser du carbone en l’enfouissant au fond des mers, etc. Naïveté inquiétante, considérant que la société actuelle est en train de nous dépouiller de notre humanité en nous transformant en esclaves de la production aussi bien que de la consommation.

Beaucoup moins naïfs et sans doute plus dangereux sont les disciples de Malthus, qui font usage de la métaphore du banquet  pour défendre leurs idées populationnistes: de leur point de vue, il y a tout simplement trop de convives à la table et si nous voulons qu’il y ait assez de victuailles pour chacun, il convient tout simplement de diminuer le nombre d’« invités ». Pour eux, il est beaucoup plus facile de désigner un bouc émissaire sur lequel rejeter la responsabilité des problèmes du monde et la surpopulation ne pouvait mieux remplir ce rôle, en cette époque si soumise aux chiffres. Si un individu est responsable de tant de kilos de gaz à effet de serre, dix individus en produiront dix fois plus; et s’il y a trop de gaz à effet de serre, et bien il n’y a qu’à réduire le nombre d’individus sur Terre et le problème sera réglé! Comme si tous les individus se comportaient de la même façon…

Une planète trop peuplée? est un livre fort bien documenté qui déboulonne de façon remarquable ce mythe de la surpopulation. Il démontre clairement que, même si on cessait dès demain d’avoir des enfants, cela ne diminuerait d’aucune façon le réchauffement climatique. En conséquence, mettre tous nos efforts pour réduire la population n’est qu’un moyen de détourner notre attention des problèmes réels et, surtout, de retarder l’adoption de mesures concrètes pour y remédier.

La population mondiale vient d’atteindre les 7,2 milliards d’habitants. Sa croissance devrait se poursuivre pendant quelques années encore, avant de se stabiliser autour de 10 milliards peu après 2050. C’est presque uniquement le tiers-monde qui contribue à la croissance démographique. Et, selon les néomalthusiens, c’est sur ce plan qu’il faudrait agir. Certains populationnistes y vont de solutions radicales : cessons toute aide aux pays en développement, laissons la nature faire son œuvre et les tyrans jouer leur rôle. Évidemment, cela implique de fermer encore plus hermétiquement les frontières des pays riches aux déshérités de ce monde en quête d’un sort meilleur. D’autres suggèrent d’implanter des programmes massifs de contrôle des naissances dans les pays à forte croissance démographique; mais à leurs yeux, de tels programmes ne devraient pas reposer sur l’éducation, qui est trop coûteuse et qui met trop de temps à produire des résultats concrets. Dans ces circonstances, l’exemple de la Chine, avec ses méthodes autoritaires, en fait saliver plus d’un.

Mais… envisager de telles solutions n’est-il pas déjà un signe de notre déshumanisation? Quelle société se lancerait dans ce type d’actions et où s’arrêterait-on? Certes, le raisonnement qui les sous-tend peut sembler rationnel, mais ne sommes-nous que des cerveaux? À problème humain, il doit bien y avoir des solutions humaines…

En réalité, à ce fameux banquet, il y a à l’heure actuelle des gens qui ne mangent pas à leur faim et d’autres à qui l’on n’a même pas fait de place à la table. Pourquoi? Tout simplement parce qu’un petit groupe de convives s’est arrangé pour que tous les mets soient placés à un seul bout de la table, là où ils peuvent se goinfrer et gaspiller sans remords une bonne partie de ce qui est devant eux. Dans les pays industrialisés, on jette aux ordures des tonnes d’aliments; et les choix alimentaires comme la grande quantité de viande consommée monopolisent des ressources qui permettraient pourtant de nourrir un nombre beaucoup plus important d’individus. Également, les méthodes agricoles modernes, si elles permettent de cultiver de grandes surfaces en employant peu de main-d’œuvre, ne se comparent pas aux méthodes traditionnelles en termes de rendement à l’hectare. Avec une alimentation moins carnée et une agriculture plus intensive, nous pourrions en effet nourrir dès aujourd’hui plus de 10 milliards d’habitants.

La question de la surpopulation est importante pour la gauche, mais celle-ci est divisée sur le sujet. Même des gens de bonne volonté se laissent mystifier par les formules simplificatrices des Ehrlich et autres théoriciens du populationnisme. Du coup, ils se retrouvent dans le même camp que la droite qui, sous prétexte de protéger l’avenir de l’humanité, travaille au renforcement des inégalités dans le monde en continuant d’assassiner les populations les plus pauvres et en fermant de plus en plus hermétiquement les frontières des pays riches.

Ne cherchons pas : il n’y a pas d’autre moyen d’échapper aux catastrophes annoncées que de changer radicalement nos façons de vivre et toute notre organisation sociale. Cela permettra à toutes et tous d’avoir accès au minimum nécessaire pour mener une vie épanouissante, tout en respectant les limites imposées par la nature.

Sur le chemin de la frugalité

Cet article concerne l’ouvrage en anglais « Muddling Toward Frugality. A New Social Logic for a Sustainable World », de Warren Johnson (Easton Studio Press réédition 2010 (1978))

La thèse principale de ce livre est que notre mode de consommation actuel est incompatible avec la survie de l’humanité à long terme. Ou nous opérons des changements majeurs dans nos façons de vivre, ou nous attendons les catastrophes qui nous y obligeront. L’auteur croit en la première alternative, en faisant l’hypothèse que nous y parviendrons petit à petit, en changeant lentement nos façons de faire, en rampant, « muddling ». Mais pour ce faire, nous avons besoin de temps. Et selon lui, c’est possible  ; son livre est donc fondamentalement optimiste, et irréaliste par moments  ; car depuis la première version du livre, nous voyons que le problème du réchauffement climatique est beaucoup mieux documenté et que ses effets négatifs s’accélèrent  ; or Johnson compte beaucoup sur le charbon pour faire la transition énergétique, et les technologies actuelles ne nous permettent pas encore d’utiliser cette énergie sans production importante de gaz à effet de serre.

Tout de même, le livre ne manque pas d’intérêt. La société vers laquelle il faudrait aller serait fort décentralisée et plus frugale. Selon l’auteur, les gens prudents devraient déjà faire des choix qui vont dans ce sens :

—   si possible, aller vers des emplois dans des entreprises qui ne sont pas dépendantes de beaucoup d’énergie et de matières premières  ;

—   apprendre à travailler de ses mains, à bricoler, à faire soi-même ses réparations  ;

—   prendre des mesures pour diminuer sa consommation et ses dépenses, comme mieux isoler sa maison, avoir une plus petite auto, demeurer proche de son emploi et des services… Donc, remettre en question la vie en banlieue.

Comme il prévoit la fermeture de nombreuses entreprises et donc la raréfaction des emplois, Johnson croit qu’«à partir de maintenant, toute personne qui laisse un emploi régulier pour un autre qui le retire du marché du travail fera un cadeau à la société ».

Ce livre est très américanocentriste  ; mais il reconnaît en même temps la responsabilité des Etats-Unis et des autres puissances occidentales dans la crise environnementale et dans les inégalités du monde actuel. En particulier, il s’interroge sur les effets qu’ont pu avoir la diffusion de nos systèmes d’éducation ainsi que la mondialisation du commerce. Sa vision de l’avenir du tiers monde est très pessimiste  ; il va même jusqu’à écrire que « aussi cruel cela puisse-t-il sembler, la chose la plus souhaitable (‘merciful’) qui puisse arriver pourrait être une quelconque catastrophe qui surgirait rapidement dans la demi-douzaine et quelque de pays qui sont désespérément surpeuplés, une catastrophe qui diminuerait leur population sous leur niveau actuel, rendrait plus facile les choses aux survivants et encouragerait les gens à changer d’attitude vis-à-vis des familles nombreuses. » Petite consolation, Johnson reconnaît que nous aurions beaucoup à apprendre des pays « sous-développés » :

—   Leur économie fonctionne à partir de ressources locales. Et ils ont beaucoup moins besoin d’énergies fossiles pour répondre à leurs besoins.

—   Ils sont bien adaptés à leur environnement. Par exemple, même après des siècles d’exploitation de leurs terres, celles-ci conservent le plus souvent leur fertilité.

—   Ils sont décentralisés et fonctionnent souvent à petite échelle. (Il faut ici noter que ce modèle est en train de changer rapidement, avec l’évolution vers l’agriculture d’exportation et la migration des paysans vers les grandes villes.)

Au total, l’auteur est optimiste. Nous pouvons, si nous le voulons vraiment, nous ménager un futur meilleur. « Par-dessus tout,  cela peut être une bonne vie. En effet, nous échangerons les grandes réalisations d’une société technologique à grande échelle pour des modes de fonctionnement à une échelle plus humaine. Une fois encore nous participerons à la grande aventure humaine, au lieu d’en être séparés et de chercher à la manipuler comme si nous étions des dieux de la technologie. Nous regagnerons un degré de stabilité qui permettra l’approfondissement de la culture et l’enrichissement de vies vécues simplement. Par-dessus tout, nous aurons l’assurance de savoir que notre relation avec l’environnement est soutenable, et que la Terre est une vraie demeure pour nous. »

André Gorz et l’écosocialisme

Je lis beaucoup. C’est un bonheur qui n’est pas donné à tout le monde. Et cependant je me dis souvent, au fil de mes lectures, combien il serait important que plus de gens fassent les mêmes découvertes que moi. C’est pourquoi j’ai décidé de partager avec les personnes qui fréquentent le site Wo les moteurs les extraits les plus inspirants de mes lectures.

Et je commence avec un livre de  Françoise Gollain publié aux éditions le passager clandestin, André Gorz, pour une pensée de l’écosocialisme. Cet ouvrage s’inscrit dans la collection Les précurseurs de la décroissance, qui a pour ambition  de donner une visibilité au « travail de recherche collectif portant tout autant sur l’économie que sur la philosophie, l’histoire ou la sociologie, des intellectuels et des universitaires un peu partout dans le monde (qui) entreprennent de mettre au jour les principes et les contours de la société d’abondance frugale qu’ils appellent de leurs vœux ».

 

Sur la technologie, Gorz écrit :

« L’informatisation généralisée n’abolit pas simplement le travail (au sens de poièsis), l’intelligence des mains et du corps. Elle abolit le monde sensible, voue les facultés sensorielles au désoeuvrement, leur dénie la capacité de juger du vrai et du faux, du bon et du mauvais. Elle disqualifie les sens, retire à la perception ses certitudes, vous dérobe le sol sous vos pieds. Des prothèses de plus en plus performantes remplacent les organes des sens […] En disqualifiant l’intelligence manuelle et le travail des sens, la technoscience abolit et disqualifie ‘l’humanité de l’humanité’. »

Aussi en arrive-t-il à la conclusion que « Sans la lutte pour des technologies différentes, la lutte pour une société différente est vaine : les institutions et les structures de l’État sont, dans une large mesure, déterminées par la nature et le poids des techniques. » Comme Gollain le note, « Les techniques doivent être respectueuses du milieu de vie et contrôlables par les producteurs et consommateurs associés au local du quartier, de la commune, de la région. »

 

Gorz a beaucoup réfléchi sur le salariat :

pour lui, explique Gollain, «Critique du dogme de la croissance et appel à l’abolition du salariat sont solidaires. Dès lors il n’y a qu’une seule issue possible, avec laquelle seraient en tout point d’accord les militants d’une société de décroissance : sortir du salariat comme mode d’organisation sociale, promouvoir un libre épanouissement des individualités grâce à la libération du temps — c’est-à-dire la diminution du temps passé à un travail hétéronome — et le développement des activités de nature autodéterminée. […] L’autonomie n’est pas seulement un besoin privé, elle doit être pensée comme un but collectif : produire des communautés dans lesquelles le lien social n’est pas de manière prédominante un lien marchand. »

Concrètement, Gollain identifie les trois types de mesures prônées par Gorz :

« 1) la mise en œuvre d’une réduction massive du temps de travail passé à la fourniture d’un travail macrosocial

2)    assortie de la garantie d’un revenu suffisant et accompagnée d’une véritable politique de l’espace et du temps, de l’urbanisme, de l’équipement et de la culture ; ceci de manière à construire un environnement social et culturel offrant à tous de plus amples occasions d’échanger et de poursuivre, individuellement ou en association, sous de multiples formes, des activités productives de richesse et non de valeur marchande ;

3)    enfin, […] donner les moyens de l’accès à l’autonomie ; ceux-ci sont la condition pour que l’espace du hors-travail ne soit pas celui de l’isolement et du désoeuvrement et/ou de la consommation ; en d’autres termes, que se construise une société du temps libéré et non du loisir. »

 

Sur l’écologie, Gorz est catégorique :

« Ne répondez surtout pas que […) l’important, c’est de ne pas saloper la planète au point qu’elle devienne inhabitable. Car la survie non plus n’est pas une fin en soi : vaut-il la peine de survivre dans ‘un monde transformé en hôpital planétaire, en école planétaire, en prison planétaire et où la tâche principale des ingénieurs de l’âme sera de fabriquer des hommes adaptés à cette condition’ (Illich)? » Je ne puis m’empêcher de mettre en parallèle le titre d’un article de Réginald Harvey, dans Le Devoir du 18 juin dernier : « Le défi de l’INIS (Institut national de l’image et du son) : former des gens capables de se modeler au changement ».

Gorz redoute la force du capitalisme, qui, « s’il est contraint de prendre en compte les coûts écologiques sans qu’une attaque politique, lancée à tous les niveaux, lui arrache la maîtrise des opérations et lui oppose un tout autre projet de société et de civilisation », pourrait instaurer un système  où « les productions polluantes deviendront des biens de luxe, inaccessibles à la masse, sans cesser d’être à la portée des privilégiés ; les inégalités se creuseront ; les pauvres deviendront relativement plus pauvres et les riches plus riches ».

Ce texte date de 1974 ; comme on peut le constater, c’est bien la voie qu’emprunte le capitalisme.

C’est une toute autre voie que nous indique Gorz : il faut rompre avec l’idéologie de la croissance : « seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. Seul mérite d’être produit ce qui ne privilégie ni n’abaisse personne. Nous pouvons être plus heureux avec moins d’opulence, car dans une société sans privilège, il n’y a pas de pauvres. » Il nous invite ensuite à imaginer le type de société qu’un tel état d’esprit nous permettrait ; utopie, demande-t-il? Non, « ce peut être un programme… »

La montée inquiétante du militarisme au Canada

Cet article est une recension de la brochure du Collectif Échec à la Guerre.

Nos gouvernements nous répètent constamment qu’il faut diminuer notre dette et couper dans nos dépenses ; et ce sont toujours les programmes sociaux qui écopent. Ils veulent aussi relancer la croissance économique et pour ce faire, diminuent progressivement les impôts des plus riches, dans l’espoir que ceux-ci investissent davantage et créent ainsi des emplois.

Le gouvernement fédéral de M. Harper se distingue pour la dureté de ses mesures. Par exemple, la réforme de l’assurance emploi a privé des centaines de milliers de Canadiennes et Canadiens d’un appui bien nécessaire. Mais en même temps, ce gouvernement a décidé d’augmenter de façon importante ses investissements dans l’armée, en annonçant en 2008 des dépenses militaires de l’ordre de 490 milliards de dollars pour les vingt prochaines années!

Cette orientation du gouvernement canadien n’est pas un hasard ; nous assistons à une militarisation progressive de ses orientations. C’est ce que met en lumière le Collectif Échec à la guerre, dans une brochure qu’il vient de publier et qui s’intitule « La montée inquiétante du militarisme au Canada » ; comme le Collectif l’explique dans sa présentation :

Cette brochure a été produite pour contribuer à mettre en lumière la montée inquiétante du militarisme au Canada… Sans vouloir imposer un ordre de priorité aux luttes pour préserver et élargir les droits et les acquis sociaux attaqués par l’agenda néolibéral et conservateur au Canada, force est de constater que le militarisme est bel et bien au cœur de l’idéologie du gouvernement Harper et que sa mise en œuvre coûteuse progresse rapidement, au détriment des sphères d’activité sociales de l’État. Il nous semble donc important que les luttes pour préserver et élargir les acquis sociaux, pour défendre le bien commun, soient menées de concert avec la dénonciation de la montée du militarisme au Canada.

La brochure présente plusieurs signes de cette militarisation :

—   l’intérêt pour les drones et les investissements qui y sont faits ;

—   la militarisation du Grand Nord

—   l’intensification du recrutement de l’armée, notamment à partir des cadets

—   la présence de l’armée dans les grands événements publics qui n’ont rien à voir avec la guerre (sports, festivals…).

C’est un fait, le Canada est de plus présent dans les diverses guerres dans le monde ; l’Afghanistan, l’Irak, la Libye… Et ici même au pays, nous vivons avec une surveillance de plus en plus répandue.

Dans un tableau fort intéressant, on voit « ce qui pourrait être fait avec l’argent consacré à la guerre… » (p.37).

On peut se demander si cette orientation militariste du gouvernement canadien ne fait pas partie de sa stratégie pour préparer le pays aux diverses crises prévues pour les prochaines années (hausse significative du coût du pétrole, perturbations climatiques, etc.) ; avec cet autre élément, le resserrement progressif de nos frontières…

coquelicot blanc

La brochure du collectif constitue un excellent instrument de sensibilisation ; pour en obtenir des exemplaires, s’adresser à information@echecalaguerre.org . Et pour celles et ceux qui veulent s’impliquer dans la campagne du coquelicot blanc qui aura lieu en novembre prochain, c’est la même adresse.

Protéger les terres de la spéculation – une rencontre ce jeudi

Rencontre exploratoire sur les fiducies foncières 

Un problème

      En milieu rural, le prix des bonnes terres augmente constamment ; les jeunes qui voudraient se lancer en agriculture ne peuvent que difficilement avoir accès à une terre.

      En milieu périurbain, les terres sont achetées par des spéculateurs, qui veulent les consacrer au développement domiciliaire.

      En ville, les terrains sont tellement coûteux qu’ils rendent inaccessible la propriété à un fort pourcentage de la population.

 

Une solution?

Les fiducies foncières permettent de retirer des terres de la spéculation foncière, en les retirant définitivement du marché et en les consacrant à une vocation déterminée. La formule est encore peu répandue au Québec ; ne serait-il pas temps de s’organiser pour le faire?

 

Une rencontre exploratoire

Si l’idée vous intéresse, nous vous invitons à une rencontre sur le sujet.

Date: Jeudi 6 février à 19h

Lieu: Salle Esdras-Minville, au 4ème étage, du nouvel édifice des HEC (3000 Chemin de la Côte-Sainte-Catherine). Métro Université de Montréal.

Programme :

1) le problème des fermes péri ou intra urbaines:
Brèves présentations de Benoît Girard, ferme du Bord-du-Lac, à l’ïle Bizard;
et de Ramzy Kassouf, ferme des Jardins Carya à Senneville
2) présentation sommaire de la formule des fiducies foncières (Serge Mongeau)
3) discussion sur les moyens de faire avancer le dossier localement.

Si vous connaissez des personnes possiblement intéressées, n’hésitez pas à leur communiquer l’information.

 Yves-Marie Abraham, John Burcombe, Serge Mongeau

Échec à la guerre – rendez-vous le 11 novembre

Cette année encore, la cérémonie officielle de la Légion royale canadienne pour marquer le « Jour du Souvenir » à Montréal aura lieu sur les terrains de l’Université McGill, en présence de nombreux dignitaires et marquée par le traditionnel salut de 21 coups de canon…

Dans le but de donner une plus grande visibilité au courant d’opinion publique qui désapprouve le caractère étroit et militaire de ces cérémonies et la récupération qui en est faite pour promouvoir les politiques militaristes du gouvernement canadien, le Collectif Échec à la guerre organise lundi, le 11 novembre prochain, de 11 h 00 à 12 h 30, une action symbolique visant à donner un autre sens au Jour du Souvenir.

Rendez-vous, à 11 h, à l’intersection des rues

Sherbrooke et McGill College (métro McGill) à Montréal

Une vigile solennelle et silencieuse se tiendra à deux pas de la cérémonie militaire officielle. Nous nous tiendrons debout, en silence, en affichant deux bannières du  Collectif dont le libellé est « Échec à la guerre; place à la paix » ainsi qu’une troisième bannière qui dira simplement ceci : « À la mémoire de TOUTES les victimes de la guerre ». Des tracts expliquant notre position seront distribués à tous les passants et aux médias. Des coquelicots blancs seront également en vente.

Cette action vise à apporter plus d’attention médiatique à notre campagne annuelle du coquelicot blanc. Un communiqué de presse sera émis par le Collectif avant cette action. Le Collectif aura des porte-parole sur place et nous tenterons d’y associer des personnalités connues qui pourront aussi défendre l’orientation de notre campagne.

PLUS NOUS SERONS NOMBREUX ET NOMBREUSES, PLUS NOTRE PRÉSENCE SILENCIEUSE SERA FORTE

Nous vous invitons donc à partager ce message dans tous vos réseaux.

Solidairement !

Le Comité de suivi du Collectif Échec à la guerre

Le Jour du souvenir – pourquoi porter… un coquelicot blanc?

L’idée du port d’un coquelicot blanc a commencé à germer en Angleterre en 1926.

La Première Guerre mondiale avait entraîné la mort de 10 millions de soldats et d’un million et demi de civils. Le coquelicot rouge était porté depuis 1921 à la mémoire des soldats morts à cette guerre et les fonds recueillis par sa vente allaient au Haig Fund qui venait en aide aux vétérans et à leur famille. Le mouvement pacifiste No more War Movement proposa de remplacer les mots Haig Fund au centre du coquelicot par No more War (Jamais plus la guerre). Devant l’échec de cette proposition, l’idée de créer une fleur différente commença à prendre forme…

En novembre 1933, dans le contexte d’une nouvelle montée des tensions au niveau international, la première campagne du coquelicot blanc fut lancée en Angleterre par la Co-operative Women’s Guild (CWG). Le coquelicot blanc ne se voulait pas un affront au coquelicot rouge. D’ailleurs, plusieurs des femmes de ce mouvement avaient perdu un membre de leur famille à la guerre. Elles voulaient plutôt commémorer toutes les victimes de la guerre et contrer les courants militaristes de l’époque. L’année suivante, le Peace Pledge Union, mouvement pacifiste nouvellement formé, appuya cette initiative et prit par la suite en charge la production et la vente des coquelicots blancs, jusqu’à aujourd’hui.

Au Canada, la campagne des coquelicots blancs prend son essor en 1998, suite à la publication d’un article dans le bulletin d’information de Conscience Canada, le mouvement des objecteurs de conscience à l’impôt militaire. L’année suivante, un dépliant d’appui à la campagne des coquelicots blancs a circulé parmi des groupes actifs pour la paix dans différentes régions du pays. Un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale, Frank Knelman, expliquait à cette époque qu’il voulait non seulement se souvenir de ceux qui ont combattu et souffert comme soldats, mais qu’il voulait consacrer ses énergies à empêcher la guerre et à mettre fin au militarisme. « Je veux me souvenir que 95 % des victimes dans les guerres modernes sont des civils » disait-il.

Nous savons que les guerres du 20e siècle ont causé la mort de plus de 200 millions de personnes. Et nous constatons, depuis plusieurs années, la recrudescence du militarisme au Canada : participation à la guerre d’occupation en Afghanistan et aux bombardements contre la Libye, croissance vertigineuse des dépenses militaires, glorification de la guerre et de l’armée, de « l’histoire » et de la « culture » militaires…

C’est pour marquer notre opposition collective à cette montée du militarisme ici même que le Collectif Échec à guerre a décidé de lancer, en 2011, sa première campagne annuelle du coquelicot blanc au Québec.

En 2013, portons le coquelicot blanc en souvenir de toutes les victimes de la guerre, militaires et civiles, de toutes les personnes tuées, blessées, emprisonnées, déplacées, réfugiées, violées.

En 2013, portons le coquelicot blanc pour faire échec à la guerre et au militarisme !